La quotité d'assurance en 30 secondes

La quotité d'assurance emprunteur est la part du capital emprunté couverte par l'assurance pour chaque co-emprunteur, exprimée en pourcentage. Ce qu'il faut retenir :

  • Minimum exigé : 100 % du prêt au total — seul, vous êtes assuré à 100 % ; à deux, la somme des quotités doit atteindre au moins 100 % ;
  • Maximum : 200 % (100 % sur chaque tête) — la protection intégrale : au décès d'un des deux, le prêt est soldé en totalité ;
  • Le principe : en cas de décès ou d'invalidité, l'assureur rembourse à la banque la part du capital restant dû correspondant à la quotité du co-emprunteur touché ;
  • Le bon réflexe : caler la répartition sur les revenus de chacun (70/30, 60/40…) et monter vers 100/100 dès qu'un des deux ne pourrait pas assumer seul les mensualités ;
  • Modifiable : par avenant avec l'accord de la banque, ou à l'occasion d'un changement d'assurance (possible à tout moment depuis la loi Lemoine de 2022).

Comprendre la quotité d'assurance : définition et mécanique

Quand vous souscrivez un crédit immobilier, la banque exige une assurance emprunteur couvrant au minimum le décès et la PTIA (perte totale et irréversible d'autonomie). La quotité définit qui est couvert et à quelle hauteur : c'est le pourcentage du capital emprunté assuré sur la tête de chaque co-emprunteur.

La mécanique se lit toujours du point de vue du sinistre : si l'un des co-emprunteurs décède, l'assureur verse à la banque sa quotité × le capital restant dû. Le survivant continue de rembourser le solde.

Exemple : un couple emprunte 250 000 € avec une quotité 60/40. Au décès du premier emprunteur alors qu'il reste 180 000 € à rembourser, l'assurance solde 60 % × 180 000 € = 108 000 €. Le conjoint survivant reste redevable de 72 000 €, avec des mensualités réduites d'autant.

Un emprunteur seul n'a pas d'arbitrage à faire : la banque impose 100 %. Toute la stratégie de quotité concerne les emprunts à deux — couples, mais aussi associés en SCI ou co-acquéreurs en indivision.

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100/100, 50/50, 70/30 : que valent les répartitions types ?

Trois grandes familles de répartition couvrent la quasi-totalité des situations :

RépartitionCe qui se passe au décès d'un co-emprunteurPour qui ?
100 % / 100 % (total 200 %)Le prêt est intégralement soldé, quel que soit celui qui décèdeProtection maximale : enfants à charge, un seul salaire ne suffirait pas — le standard recommandé quand le budget le permet
50 % / 50 % (total 100 %)La moitié du capital restant dû est effacée, le survivant paie l'autre moitiéRevenus équivalents ET capacité de chacun à assumer seul la moitié des mensualités
70 % / 30 % ou 60 % / 40 % (total 100 %)La part du défunt est effacée à hauteur de sa quotitéRevenus déséquilibrés : on protège davantage le foyer contre la perte du revenu principal

Le critère de décision n'est pas le coût, mais un test simple : si mon co-emprunteur disparaît, puis-je payer ce qui reste ? Si la réponse est non pour l'un des deux, sa protection est insuffisante. C'est pour cela que la répartition « au prorata des revenus » n'est qu'un point de départ : un foyer avec un seul vrai salaire devrait viser 100 % sur la tête de ce salaire — voire 100/100.

Côté budget : passer de 100 % au total à 200 % double environ la prime d'assurance. Sur un prêt de 250 000 € à 0,30 % de taux d'assurance, cela représente grosso modo 60 € de plus par mois — à comparer au risque de devoir vendre le bien en urgence après un décès.

Comment choisir votre quotité : les 4 critères qui comptent

  1. L'écart de revenus — plus il est marqué, plus la quotité du revenu principal doit être élevée. Un foyer 70/30 en revenus qui s'assure 50/50 laisse le survivant modeste avec des mensualités intenables ;
  2. La situation familiale — enfants à charge, pension à verser, famille recomposée : chaque personne dépendante du foyer pousse vers le 100/100 ;
  3. L'état de santé et l'âge — les surprimes se concentrent parfois sur une tête ; il peut être moins coûteux d'augmenter la quotité de l'autre co-emprunteur pour le même niveau de protection globale ;
  4. Le patrimoine de secours — épargne, autre bien louable, assurance-vie : un matelas qui permettrait de solder le prêt réduit le besoin de sur-assurance.

La quotité se négocie avant l'offre de prêt : elle figure dans l'offre et dans le contrat d'assurance. Les banques acceptent presque toujours le 100/100 (il les protège aussi) ; elles regardent de plus près les répartitions asymétriques si la tête la moins assurée porte le revenu principal.

Changer de quotité en cours de prêt : avenant ou loi Lemoine

Deux voies pour modifier une quotité après la signature :

  • L'avenant au contrat existant — divorce, séparation, changement de situation professionnelle : la banque et l'assureur doivent donner leur accord, et le total doit toujours couvrir 100 % du capital. En cas de séparation avec reprise du prêt par un seul ex-conjoint, la désolidarisation s'accompagne d'un passage à 100 % sur la tête restante ;
  • Le changement d'assurance — depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez résilier et remplacer votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais. C'est l'occasion de revoir la répartition des quotités en même temps que le tarif : la banque ne peut refuser que si les garanties du nouveau contrat ne sont pas équivalentes.

Bon à savoir : baisser une quotité ne rembourse rien rétroactivement — elle s'applique au capital restant dû à partir de l'avenant. Et une hausse de quotité peut déclencher de nouvelles formalités médicales pour la tête concernée.

Les 3 erreurs classiques sur la quotité

  1. Choisir 50/50 « par défaut » parce que c'est le réglage proposé, sans tester la capacité de chacun à payer seul — l'erreur la plus répandue et la plus lourde de conséquences ;
  2. Confondre quotité et garanties : une quotité de 100 % ne sert à rien si la garantie invalidité (IPT/ITT) est exclue ou truffée d'exclusions — les deux se lisent ensemble ;
  3. Ne jamais la réviser : naissance, écart de revenus qui se creuse, séparation… la quotité choisie à 30 ans n'est plus la bonne à 40. La loi Lemoine rend la révision gratuite : autant en profiter au moment de renégocier son taux ou son assurance.

Enfin, gardez en tête que la quotité protège aussi votre projet immobilier lui-même : un bien qu'on n'est pas forcé de vendre en urgence est un bien qu'on vend au bon prix, au bon moment — et ça commence par une estimation fiable de sa valeur.