Introduction

La Fondation pour le logement (anciennement Abbé Pierre) alerte sur un phénomène peu visible : environ 600 000 personnes vivraient chez un tiers sans y être véritablement libres. Ces situations vont de la cohabitation précaire au logement imposé, et posent des enjeux sociaux importants.

Le constat issu du dernier rapport de la Fondation souligne que ces hébergements contraints sont plus nombreux que le nombre de personnes sans domicile fixe et restent en grande partie inaperçus des politiques publiques.

Qui sont les personnes concernées ?

Profils variés mais des tendances nettes

La catégorie regroupe des situations très diverses : jeunes adultes qui ne peuvent pas quitter le foyer parental, personnes âgées dépendantes, individus sortant d’institutions (aide sociale à l’enfance, prison, psychiatrie) ou personnes exilées. Selon les données mobilisées par la Fondation, l’Insee dénombrait 590 000 personnes hébergées par un tiers hors parents lors de son enquête de 2020.

Surreprésentation des aînés et des femmes

Dans ce groupe, les plus de 60 ans sont fortement représentés : environ 38% des 590 000 hébergés ont cet âge, ce qui témoigne d’une précarité à la retraite. Par ailleurs, 55% des personnes logées par des proches (hors parents) sont des femmes, un signal préoccupant quant aux vulnérabilités spécifiques qu’elles rencontrent.

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Conséquences et formes de contrainte

Privation de droits et de vie privée

Les conséquences vont du simple manque d’intimité — ne pas avoir la clé, être exclu d’une pièce — à des situations plus graves où l’hôte impose des règles, des interdictions ou des travaux. Le surpeuplement est fréquent et aggrave les risques sanitaires et sociaux.

Contreparties et violences

Des enquêtes citées dans le rapport montrent que, parmi les personnes suivies par le Samu social en Île-de-France, la moitié ont déjà été hébergées par un tiers et 70% d’entre elles déclarent avoir dû fournir des contreparties (sous-loyers, tâches domestiques). Les violences signalées incluent du harcèlement sexuel (13% selon l’enquête) et des violences sexuelles déclarées (8%), soulignant des vulnérabilités auxquelles il faut répondre.

Propositions de la Fondation et méthodologie

Préconisations pour limiter le phénomène

Pour atténuer ces situations, la Fondation plaide pour un renforcement du parc social, le développement d’hébergements solidaires et de colocations encadrées, ainsi que la création ou l’extension de foyers pour jeunes travailleurs. Elle recommande aussi d’éviter les expulsions quand elles privent des personnes d’un toit solidaire.

Comment la Fondation construit son estimation

L’estimation de 600 000 personnes s’appuie sur plusieurs sources : l’Insee (études 2013 et 2020), le recensement des demandes de logement social et des enquêtes comme celles du Samu social. Par exemple, l’étude Insee de 2013 évaluait à 440 000 les personnes souhaitant partir mais sans moyens, et la Fondation ajoute des catégories complémentaires (notamment 153 000 majeurs de plus de 25 ans vivant chez leurs parents pour raisons financières) pour aboutir à son chiffrage.

Article fondé sur le rapport de la Fondation pour le logement et adapté d’un article publié par BFM Immo.