Vente immobilière : que faire quand l’agence présente un acheteur « mytho »
Lorsqu’un acquéreur se révèle inexistant ou insolvable, la responsabilité de l’agence peut être engagée. Voici comment prévenir le risque et protéger le vendeur.
Introduction
Une promesse signée, une clause pénale prévue mais un acheteur qui disparaît : c’est le scénario que redoutent vendeurs et agences. Ce texte explique les risques et comment s’en prémunir.
Nous reprenons le cas d’un dossier jugé par les tribunaux pour montrer concrètement les erreurs à éviter et les bonnes pratiques à mettre en place.
Le cas concret
Un acquéreur se présente en agence, annonce un achat « comptant » et signe une promesse sans condition suspensive. La promesse inclut une indemnité d’immobilisation et une clause pénale très lourde.
Peu après, l’acheteur se volatilise, laisse une fausse adresse et ne paie pas l’indemnité prévue. Les vendeurs saisissent le tribunal pour obtenir réparation, reprochant notamment à l’agence de ne pas avoir vérifié la solvabilité du candidat.
Point clé
La situation illustre qu’un dossier apparemment sérieux peut masquer une fraude ou une insolvabilité. L’absence de contrôle en amont expose le vendeur à un blocage commercial et à un recours judiciaire long.
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La responsabilité de l’agence
Le juge peut considérer que l’agence a commis une faute si elle ne réalise pas de vérifications minimales sur l’acheteur présenté : identité, moyens de paiement, cohérence des informations fournies.
Lorsque l’agence a conseillé le vendeur et facilité la transaction, son manquement peut être qualifié comme cause du préjudice subi. En revanche, l’évaluation du montant de l’indemnisation tient compte du lien de causalité et du préjudice prouvé.
Effet pratique
La faute de l’agence n’entraîne pas automatiquement le versement d’un montant maximal prévu par contrat ; le tribunal pondère selon le dossier et les preuves.
Conseils pratiques pour sécuriser la vente
Vérifier avant tout
Exiger une pièce d’identité, un justificatif de domicile, un relevé bancaire ou une attestation d’un organisme financier. Si l’acheteur affirme disposer d’un financement comptant, demander une preuve formelle avant toute signature.
Clauses et précautions contractuelles
Prévoir une clause de caducité liée au non-versement de l’indemnité d’immobilisation, insérer des conditions suspensives si le financement est incertain et limiter le montant réclamable en cas d’abandon sans cause sérieuse.
Comportement en cas de doute
- Ne pas laisser la promesse sans garantie effective.
- Consigner toutes les communications et preuves fournies par l’acheteur.
- Consulter rapidement un conseil juridique si des contradictions apparaissent.
Ces gestes réduisent le risque d’un long contentieux et protègent la réputation et les intérêts des vendeurs.
Source : Le Monde immobilier
FAQ
- L’agence peut-elle être tenue responsable si un acheteur disparaît après signature ?
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Oui, si l’agence n’a pas accompli les vérifications de base et que son comportement a contribué au préjudice du vendeur, sa responsabilité peut être retenue.
- Quelles pièces demander avant la signature d’une promesse ?
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Demandez une pièce d’identité, un justificatif de domicile, des preuves de fonds (relevé bancaire, attestation de liquidités) ou une confirmation écrite d’un financement.
- Quelle clause insérer pour limiter le risque ?
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Privilégiez une clause de caducité en cas de non-versement de l’indemnité d’immobilisation et, si nécessaire, des conditions suspensives liées à l’obtention d’un financement.
- Que faire si l’acheteur fournit une fausse adresse ?
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Conservez toutes les preuves, signalez la fraude aux autorités si nécessaire et consultez un avocat pour engager les actions civiles pour faire valoir la clause pénale ou la réparation du préjudice.
- Comment l’agence peut-elle se protéger juridiquement ?
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Documenter les contrôles effectués, inclure des réserves dans ses conseils écrits et recommander au vendeur des garanties (dépôt de garantie, confirmation bancaire) réduit les risques de mise en cause.