Introduction

Vous souhaitez acheter un logement à deux sans contracter mariage ? Plusieurs solutions juridiques permettent d’organiser la propriété, de répartir les parts et de protéger le conjoint restant en cas de décès.

Chaque montage présente des avantages et des contraintes : fiscalité, mode de décision, risque de blocage ou protection successorale. Voici un tour d’horizon des options les plus courantes pour vous aider à choisir.

Indivision : fonctionnement et limites

L'indivision survient automatiquement quand deux personnes achètent un bien ensemble sans créer de structure spécifique. Sans précision dans l'acte, la loi suppose généralement une répartition égale, ce qui peut ne pas refléter les apports réels.

Il est recommandé de préciser les quotes‑parts dans l'acte et de rédiger une convention d'indivision pour fixer les règles de gestion. Sans ces précautions, les décisions importantes peuvent exiger l'unanimité ou une majorité qualifiée, et un désaccord risque de paralyser la gestion du bien.

Points à retenir

Avantage : simplicité au départ. Inconvénient : risque de blocage et incertitude successorale en l'absence d'accord.

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Le pacte tontinier : protection du survivant

La clause dite de tontine (ou pacte tontinier) transforme la situation : au décès du premier propriétaire, la totalité du bien revient automatiquement au survivant. La part du défunt ne fait pas partie de sa succession.

Cette option garantit une protection forte du partenaire survivant, mais elle limite aussi les possibilités des héritiers et rend nécessaire l'accord des deux pour toute décision, y compris la vente. Il faut donc bien évaluer l'implication de ce verrou juridique.

SCI et SARL de famille : encadrer l'acquisition

La SCI (société civile immobilière)

Créer une SCI permet d'acheter via une société dont vous détenez des parts selon vos apports. Le bien appartient à la société, ce qui facilite la répartition et la transmission des droits.

Les statuts offrent une grande liberté pour organiser les règles de majorité, la nomination du gérant et les modalités de cession des parts, limitant ainsi le risque de conflit pratique.

La SARL de famille

La SARL de famille est une alternative possible, notamment si l'objectif est d'exploiter le bien en location meublée sous le régime fiscal adapté. Elle est toutefois réservée à des membres d'une même famille ou à des partenaires de PACS, et répond à des usages différents de la SCI.

Démembrement croisé : sécuriser le partenaire survivant

Le démembrement croisé consiste à répartir l'usufruit et la nue‑propriété entre les coacquéreurs de manière croisée. Chacun détient l'usufruit d'une moitié et la nue‑propriété de l'autre moitié, ou inversement.

En cas de décès d'un des titulaires, le survivant peut conserver l'usage du logement ou percevoir les loyers via l'usufruit qu'il détient, tandis que la nue‑propriété reste aux héritiers du défunt. Ce montage protège l'occupant tout en maintenant la transmission patrimoniale.

Effets pratiques

  • Permet au survivant de rester dans le logement ou d'en percevoir les revenus.
  • Préserve le droit des héritiers à la nue‑propriété.
  • Nécessite une rédaction précise et souvent l'intervention d'un notaire.