Introduction

La plus haute juridiction française a tranché : la Cour de cassation estime qu’Airbnb ne se limite pas à un rôle d’hébergeur neutre dès lors qu’elle exerce des contrôles et des choix éditoriaux sur les annonces publiées.

Ce positionnement judiciaire signifie que la plateforme peut voir sa responsabilité engagée si des utilisateurs y mettent en ligne des offres permettant une sous‑location illégale.

Ce que retient la Cour de cassation

Fondement juridique. La Cour s’appuie sur la distinction européenne entre un simple intermédiaire technique et un acteur qui s’insère activement dans la relation entre l’hôte et le voyageur.

Rôle actif versus rôle neutre

Selon la Cour, une plateforme joue un rôle actif lorsqu’elle impose des règles, peut vérifier le respect de ces prescriptions ou valorise certaines offres (par exemple par un statut « superhost »). Dans ce cas, elle ne bénéficie pas de l’exonération de responsabilité réservée aux hébergeurs neutres.

Estimation gratuite

Combien vaut votre bien immobilier ?

Obtenez une estimation précise en moins de 2 minutes, basée sur les données du marché.

Estimer mon bien

100% gratuit • Sans engagement

Les affaires et leurs conséquences

La décision intervient après deux jugements d’appel contradictoires : une cour d’appel parisienne avait considéré Airbnb coresponsable, tandis que la cour d’Aix‑en‑Provence avait retenu le statut d’hébergeur simple dans une autre affaire.

Sanctions et suites procédurales

La Cour de cassation a cassé l’arrêt d’Aix et renvoyé l’affaire pour nouvelle appréciation. Dans le dossier parisien, certains éléments ont été annulés et la procédure se poursuit : la décision modifie la trajectoire des recours engagés contre la plateforme.

Réactions et enjeux pour les plateformes

Airbnb a indiqué à l’AFP contester l’interprétation et affirme appliquer une politique de tolérance zéro face aux sous‑locations illégales, en supprimant les annonces signalées.

Impact pour le secteur

Des avocats et parties civiles voient dans cet arrêt l’aboutissement d’un long contentieux et estiment que la jurisprudence pourrait rendre les plateformes coresponsables des abus constatés.

Au préalable, des décisions similaires avaient déjà souligné la responsabilité d’autres sites pour des manquements (par exemple des condamnations liées à la collecte de la taxe de séjour). L’arrêt change la donne pour les acteurs qui publient ou valorisent des offres de location.

Source : Le Monde (service Immobilier)