Introduction

Après quatre années marquées par la stagnation, le secteur immobilier affiche quelques signes de reprise. Toutefois, la conjonction d'une hausse des coûts et d'un contexte géopolitique tendu fragilise encore ce redémarrage.

Ce dossier décrypte les principaux risques actuels : flambée de certains matériaux, évolution des taux et réactions des acheteurs et des investisseurs face au conflit au Moyen‑Orient.

Coûts des matériaux et énergie

Hausse des matières premières

La montée des cours de l'énergie pèse déjà sur la chaîne de production du bâtiment. À la suite d'incidents récents au Moyen‑Orient, le prix du gaz a bondi d'environ 35% et le baril de pétrole a dépassé les 110 dollars, ce qui renchérit certains intrants.

Sur le terrain, la Fédération française du bâtiment note des hausses sensibles : des produits bitumineux ont vu leur tarif augmenter d'environ 10% en trois semaines, et le cuivre conserve une trajectoire haussière, avec une progression notable depuis l'été 2025.

Même si l'acier et certains polymères restent pour l'instant sous contrôle, des tensions ponctuelles sur certains composants plastiques subsistent, ce qui peut compliquer les calendriers et les devis des chantiers.

Estimation gratuite

Combien vaut votre bien immobilier ?

Obtenez une estimation précise en moins de 2 minutes, basée sur les données du marché.

Estimer mon bien

100% gratuit • Sans engagement

Taux d'intérêt et accès au crédit

Situation des taux

Les taux d'intérêt ont commencé à remonter ces derniers mois : l'OAT 10 ans a grimpé, passant de 3,3% fin février à près de 3,7% mi‑mars, et les taux moyens des crédits immobiliers suivent la tendance. En février, le taux moyen sur 20 ans se situait autour de 3,25%.

La Banque centrale européenne a pour l'heure maintenu ses taux directeurs, le taux de dépôt restant à 2%. Mais une nouvelle hausse des taux directeurs pour contrer l'inflation pèserait sur le coût des emprunts et sur la dynamique de la demande.

Face à cette incertitude, les banques se montrent prudemment disposées à prêter : elles ne refusent pas le crédit, mais ajustent leur politique pour protéger leurs marges et limiter les risques.

Comportement des investisseurs et perspectives

Attentisme et réallocations

Le contexte international a un double effet : certains ménages repoussent leurs projets, tandis que des capitaux étrangers se réorientent vers l'Europe perçue comme refuge. Les grands centres urbains et le marché du luxe attirent toujours des investisseurs internationaux.

Les acteurs du BTP appellent à la prudence et recommandent d'intégrer des clauses d'indexation sur les marchés publics pour couvrir la volatilité des prix. Les prévisions restent partagées : la Banque de France maintient ses perspectives de croissance pour 2026, mais souligne le risque d'un frein à l'activité en cas de nouvelle flambée des prix de l'énergie.

En résumé, la reprise est amorcée mais reste fragile : elle dépendra de l'évolution des coûts, de la trajectoire des taux et du climat de confiance des acteurs privés et publics.