6 000 appels au 115 sans solution chaque soir : un an après leurs recours, les associations jugent l'État en infraction
Un collectif d'associations pointe l'absence de prise en charge de milliers d'appels au 115 et estime que l'État n'a pas respecté ses obligations malgré des actions en justice.
Introduction
Un collectif d'associations alerte sur l'incapacité persistante à répondre aux besoins d'hébergement d'urgence : selon elles, plusieurs milliers d'appels au 115 resteraient sans solution chaque nuit.
Un an après le dépôt de recours visant la non-assistance à personne en danger, ces organisations estiment que l'État n'a pas respecté ses obligations et dénoncent une situation toujours non conforme au droit.
Chiffres inquiétants
Les associations affirment que, chaque soir, près de 6 000 demandes d'hébergement d'urgence ne trouvent pas de réponse via le numéro 115. Ce phénomène alarme les acteurs associatifs qui suivent la prise en charge des personnes sans domicile.
La directrice d'une fédération de solidarité rappelle que des milliers de demandes restent sans suite chaque nuit, mettant en danger des familles et des enfants.
Données sur les enfants
Les rapports cités par les associations indiquent plusieurs milliers d'enfants concernés : fin août 2025, plus de 2 159 enfants n'auraient pas obtenu de solution après un appel au 115, dont plusieurs centaines de tout-petits. Les chiffres montrent une progression significative depuis 2022.
Les bilans plus récents, dressés à l'approche de l'hiver, font état d'une hausse supplémentaire du nombre d'enfants laissés sans réponse, accentuant l'urgence humanitaire selon les organismes concernés.
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Recours juridiques et réponses de l'État
Le collectif a engagé deux recours contre l'État : l'un vise l'hébergement d'urgence et ses obligations d'accès et de continuité, l'autre porte sur le droit au logement opposable (Dalo). Les associations reprochent à l'administration de ne pas tenir ses engagements légaux.
Position des parties
Dans sa défense, l'État évoque des difficultés budgétaires et soutient qu'il met en œuvre des moyens importants pour l'hébergement : il rappelle qu'un montant supérieur à trois milliards d'euros est consacré chaque année à l'aide d'urgence.
Les avocats des associations contestent cette lecture, estimant que l'insuffisance de prise en charge est en grande partie imputable à des choix d'organisation et de gestion des moyens, et prévoient de déposer des éléments complémentaires au dossier judiciaire.
Conséquences et perspectives
La hausse du nombre de personnes sans domicile, évaluée à plusieurs centaines de milliers ces dernières années, illustre l'ampleur du problème. Les associations appellent à des réponses plus structurées pour éviter que des appels d'urgence restent sans suite.
Quelles suites possibles ?
Sur le plan judiciaire, les prochaines étapes incluent des écritures en réplique et, potentiellement, de nouvelles demandes devant le juge compétent si l'État ne modifie pas sa pratique. Sur le terrain, les acteurs sociaux réclament des mesures rapides pour sécuriser l'accès aux dispositifs d'hébergement.
Source de l'enquête et des chiffres : BFM Immo (BFMTV Immobilier).
FAQ
- Que signifie « ne pas pourvoir une demande au 115 » ?
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Cela veut dire qu'après l'appel au numéro d'urgence sociale, aucune place ou solution d'hébergement adaptée n'a été proposée à la personne appelante.
- Quelles actions ont engagé les associations ?
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Elles ont déposé deux recours contre l'État : l'un visant les manquements en matière d'hébergement d'urgence, l'autre lié au droit au logement opposable (Dalo).
- L'État reconnaît-il le problème ?
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L'administration affirme consacrer des moyens importants à l'hébergement d'urgence, rappelant notamment un budget annuel de plus de trois milliards d'euros, tout en évoquant des contraintes budgétaires.
- Quelles conséquences pour les familles et les enfants ?
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Des milliers d'enfants se retrouvent sans solution d'hébergement après un appel au 115, ce qui entraîne des situations de grande vulnérabilité et accroît les besoins d'intervention urgente.