Introduction

Le taux d'usure, ce seuil maximal encadré par la Banque de France, revient au centre des préoccupations des professionnels du crédit. Pour le deuxième trimestre 2026, l'institution a choisi de ne pas fortement modifier ce plafond, mais la montée potentielle des taux d'emprunt inquiète les courtiers.

Dans cet article, nous expliquons ce qu'est le taux d'usure, pourquoi il compte pour l'accès au crédit et quelles répercussions il peut avoir sur les prêts immobiliers et les transactions.

Contexte et tensions récentes

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les marchés financiers ont ressenti un choc qui se traduit notamment par une progression du rendement de l'OAT à 10 ans. En un mois, ce taux de référence est monté autour de 3,8 %, atteignant ponctuellement des niveaux proches de ceux observés seulement il y a plusieurs années.

Cette évolution pèse sur le coût des crédits : lorsque les taux d'État augmentent, les banques répercutent souvent cette hausse sur leurs offres de prêt. Les courtiers surveillent donc de près l'impact potentiel sur les taux immobiliers et sur la marge laissée par le taux d'usure.

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Le taux d'usure : définition et derniers niveaux

Le taux d'usure est un plafond légal fixé chaque trimestre. Il rassemble le taux du prêt, mais aussi les frais annexes tels que l'assurance, les commissions de dossier et les frais de courtage. Son objectif : éviter que les emprunteurs ne se voient proposer des conditions excessives.

Valeurs retenues pour le deuxième trimestre 2026

Pour la période avril-juin 2026, le taux d'usure pour les prêts à taux fixe d'une durée de 20 ans et plus est établi à 5,19 % "tout compris", contre 5,13 % au trimestre précédent. Pour les prêts entre 10 et 20 ans, le plafond est légèrement redescendu, passant de 4,59 % à 4,48 %.

Ces chiffres créent un encadrement précis : si les banques doivent proposer des offres dont le coût global dépasse ces seuils, elles ne peuvent pas les accorder, ce qui limite la palette de solutions pour certains emprunteurs.

Conséquences possibles pour le marché immobilier

Un taux d'usure trop bas par rapport aux taux de marché peut réduire l'offre de crédit. En 2022, une remontée rapide des taux a entraîné un « goulet d'étranglement » : des établissements ont suspendu des dossiers, privés de marge suffisante pour octroyer des prêts à certains profils.

Aujourd'hui, la situation n'est pas identique, mais le risque demeure : une hausse accélérée des taux d'emprunt rapprocherait les propositions commerciales du plafond, rendant plus difficile l'accès au financement pour des ménages aux dossiers jugés modestes.

Un facteur d'atténuation est la part importante de primo-accédants dans les nouvelles opérations. Ces acheteurs bénéficient souvent d'aides (comme le PTZ sur certains cas) qui facilitent l'obtention d'un prêt malgré un contexte plus tendu.

Que peuvent faire emprunteurs et acteurs du marché ?

Pour limiter l'impact d'une éventuelle contraction du crédit, les emprunteurs peuvent préparer des dossiers solides : apport personnel, revenus stables et réduction des autres crédits améliorent les chances d'acceptation. La renégociation ou l'allongement de la durée peut aussi permettre de rester sous le plafond.

Rôle des banques et des courtiers

Les banques cherchent à rester attractives et peuvent proposer des solutions commerciales pour capter des clients, tandis que les courtiers plaident pour que les ajustements du taux d'usure suivent les évolutions de marché afin d'éviter des effets de ciseaux indésirables.

Pour aller plus loin, les acteurs publics et privés devront surveiller l'inflation et les décisions de la BCE : ces paramètres détermineront l'orientation future des taux et, par ricochet, des conditions d'accès au crédit.

Source : article initial publié par BFM Immo (BFMTV), réadapté et analysé par Qoridor.