Introduction

Un rapport conjoint du Programme des Nations unies pour l'environnement et de l'Alliance mondiale pour les bâtiments alerte sur l'empreinte croissante du secteur du bâtiment. Les auteurs pointent une part très élevée des émissions et un rythme de construction qui risque d'annuler les progrès climatiques.

Ce dossier explique pourquoi le BTP contribue massivement aux gaz à effet de serre, quelles sont les tendances récentes liées à l'urbanisation et quelles mesures sont préconisées pour contenir la hausse des émissions.

Pourquoi le bâtiment pèse si lourd

Le rapport souligne que, lorsque l'on additionne émissions liées à la construction et à l'usage des bâtiments, le secteur représente environ 37% des émissions mondiales. Cette proportion provient à la fois de la production de matériaux et de l'énergie consommée par les immeubles en service.

La fabrication et l'extraction des matériaux — ciment, acier, aluminium — expliquent une part importante des rejets carbone. Ces matériaux cumulés équivalaient à près de 2,1 milliards de tonnes de CO2 en 2024, selon les données internationales.

Ressources et consommation

Outre les émissions, le bâtiment pèse lourd sur l'extraction de ressources : près de la moitié des matériaux extraits dans le monde sont affectés à la construction. En parallèle, le secteur absorbe une part significative de la demande énergétique mondiale.

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Tendances récentes et facteurs de hausse

La surface construite augmente rapidement : depuis 2015, la surface de plancher mondiale a crû d'environ 20%, avec un rythme quotidien de construction très élevé dans de nombreux pays. Cette dynamique est surtout portée par le boom du logement dans les économies à forte croissance démographique.

Du côté des émissions liées à l'usage des bâtiments, elles ont augmenté aussi : les émissions opérationnelles ont progressé de plusieurs pourcents sur la période récente, tandis que la consommation énergétique totale pour le chauffage, l'éclairage et la climatisation a augmenté de l'ordre de 11% depuis 2015.

Effets mitigés de l'efficacité

Les gains d'efficacité ont permis de réduire la consommation par mètre carré (baisse d'environ 8,5%), mais ces progrès sont insuffisants face à l'extension rapide des surfaces bâties : sans ces améliorations, la demande énergétique aurait été beaucoup plus élevée.

Les recommandations et objectifs

Les auteurs du rapport appellent à une montée en puissance des rénovations importantes des bâtiments existants pour réduire leur consommation et leurs émissions. Ils insistent également sur le rôle de la commande publique pour favoriser des solutions bas carbone.

Le document fixe des objectifs concrets : réduire la consommation d'énergie par mètre carré d'au moins 25% d'ici 2030 et aligner les investissements sur une trajectoire compatible avec la neutralité carbone à l'horizon 2050.

Besoin d'investissements massifs

Pour atteindre ces cibles, le rapport estime que les financements pour l'efficacité énergétique des bâtiments devraient atteindre quelque 3 600 milliards de dollars d'ici 2030. À titre de comparaison, les flux observés en 2024 étaient de l'ordre de quelques centaines de milliards.

Impacts pour l'immobilier et pistes d'action

Pour les acteurs de l'immobilier — promoteurs, propriétaires, acquéreurs — ces conclusions impliquent une transformation des pratiques : choix de matériaux moins émetteurs, conception bioclimatique, et programmes de rénovation énergétique à grande échelle.

Les collectivités et investisseurs doivent aussi accélérer les mécanismes de financement et les incitations pour soutenir la transition. Sans ces leviers, la hausse des surfaces bâties continuera de faire croître l'empreinte carbone globale.

Ce que peuvent faire les professionnels

  • Prioriser le réemploi et les matériaux bas carbone lors des projets neufs.
  • Programmer des rénovations profondes des parcs anciens pour réduire la demande énergétique.
  • Exiger des critères environnementaux dans les marchés publics et privés.

Source de ce résumé : article BFMTV Immo et le rapport cité par le Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP).