Introduction

Le dispositif MaPrimeRénov' a rouvert son guichet pour 2026, mais plusieurs travaux éligibles auparavant ne le sont plus en mono-geste. Parmi les exclusions figurent l'isolation seule des murs et certaines chaudières biomasse.

Ces arbitrages redessinent la carte des aides publiques et suscitent des inquiétudes dans les professions concernées, alors que l'État affiche une politique d'encouragement à l'électricité et aux pompes à chaleur.

Quelles exclusions et quels chiffres clés

Depuis le milieu de 2025, l'isolation isolée des murs intérieurs ou extérieurs n'est plus financée via le guichet mono-geste de l'Agence nationale de l'habitat. De même, les chaudières biomasse ont été retirées de cette liste, tandis que les pompes à chaleur et les poêles à bois conservent un soutien.

Montants et part du budget

Le budget global dédié à MaPrimeRénov' reste proche de 4 milliards d'euros pour 2026, mais 500 millions proviennent désormais d'un renforcement des Certificats d'économie d'énergie (CEE). En 2024, les travaux d'isolation extérieure représentaient environ 8 % des gestes et 12 % des montants subventionnés.

Pour les ménages précaires, les aides pouvaient atteindre des montants significatifs, jusqu'à environ 150 euros par mètre carré — soit près de 7 500 euros pour isoler 50 m2 de façade — une enveloppe désormais moins accessible en mono-geste.

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Impacts sur les filières et réactions

Les acteurs de l'isolation et de la biomasse expriment un fort mécontentement : des entreprises et artisans avaient préparé des campagnes commerciales en s'appuyant sur le maintien des aides. L'exclusion du guichet mono-geste entraîne un net ralentissement des commandes pour certains installateurs.

Conséquences pour le chauffage

La suppression de ces soutiens peut encourager des ménages à remplacer leur équipement de chauffage par des solutions électriques plutôt que d'engager une rénovation thermique profonde. Des spécialistes craignent ainsi l’apparition ou la persistance de logements mal isolés chauffés à l'électricité.

Des représentants du secteur évoquent une orientation claire vers l'électrification pour favoriser l'adoption des pompes à chaleur, ce qui a des répercussions sur la demande de granulés et d'équipements biomasse.

Sur le plan quantitatif, en 2024 les chaudières biomasse représentaient environ 3 % des gestes et 6 % des primes, alors que les poêles à bois constituaient une part beaucoup plus importante des installations (près de 39 % des gestes et 23 % des primes).

Par ailleurs, la production électrique nationale a progressé légèrement en 2025, atteignant environ 547,5 TWh, avec des exportations record qui renforcent l'argument économique en faveur d'une plus grande consommation électrique domestique.

Que peuvent faire les propriétaires ?

Avant d'opter pour un changement de chauffage, il est conseillé d'évaluer l'état d'isolation du logement : agir d'abord sur l'enveloppe thermique maximise l'efficacité énergétique et réduit la facture à long terme.

Alternatives et financements

Les ménages peuvent se renseigner sur les dispositifs destinés à la rénovation d'ampleur, qui combinent plusieurs gestes et restent ciblés par les aides. Attention toutefois : le traitement des dossiers et les délais peuvent varier et des files d'attente existent pour certaines opérations.

Enfin, pour les professionnels et entreprises de la filière bois-énergie, l'enjeu consiste à réduire la dépendance aux subventions en développant l'export, la diversification d'offres et des modèles économiques moins centrés sur les aides publiques.

Source : article et données publiés par BFM Immo.