Rentabilité locative : calcul brut, net et simulateur
Comment calculer la rentabilité locative d'un bien en 2026 ? Les formules du rendement brut, net et net-net, un simulateur instantané, un exemple chiffré complet et les repères par ville pour savoir si votre investissement est bon.
La formule de la rentabilité locative
Rentabilité locative brute = (loyer mensuel hors charges × 12) ÷ prix d'acquisition total × 100.
Exemple : un appartement acheté 180 000 € tous frais compris, loué 750 €/mois, rapporte (750 × 12) ÷ 180 000 × 100 = 5 % brut. Comptez 1 à 2 points de moins en rentabilité nette (charges, taxe foncière, gestion), soit environ 3,5 % net dans cet exemple.
Trois précisions qui changent tout le résultat :
- Le prix d'acquisition total inclut le prix du bien, les frais de notaire (7 à 8 % dans l'ancien) et les éventuels travaux — pas seulement le prix affiché sur l'annonce ;
- Le loyer hors charges : les provisions pour charges sont reversées à la copropriété, elles ne rémunèrent pas votre capital ;
- La rentabilité brute est un outil de comparaison rapide entre biens, pas un indicateur de gain réel : seul le net (voire le net-net après impôt) reflète ce qui reste dans votre poche.
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Brute, nette, nette-nette : les 3 niveaux de calcul
Les trois indicateurs répondent à trois questions différentes :
| Indicateur | Formule | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Brute | Loyer annuel HC ÷ prix total × 100 | Comparer rapidement plusieurs biens entre eux |
| Nette | (Loyer annuel − taxe foncière − charges non récupérables − gestion − assurances − vacance) ÷ prix total × 100 | Mesurer le rendement réel avant impôt |
| Nette-nette | Nette − impôt sur les revenus locatifs (+ prélèvements sociaux 17,2 %) | Connaître ce qui reste réellement, selon votre régime fiscal |
Les postes de dépenses à ne pas oublier dans le calcul net : taxe foncière (souvent l'équivalent d'un mois de loyer), charges de copropriété non récupérables (environ un tiers des charges totales), assurance PNO (100 à 200 €/an), garantie loyers impayés (2 à 4 % des loyers), frais de gestion si vous déléguez (6 à 10 % HT — le détail dans notre article sur les tarifs de gestion locative), vacance locative (prévoyez 2 à 4 semaines par relocation) et une provision pour entretien.
La rentabilité nette-nette dépend enfin du régime fiscal : micro-foncier (abattement 30 %), réel, ou LMNP en meublé — le meublé est souvent plus favorable, comme le montre notre comparatif louer vide ou meublé.
Exemple chiffré complet : T2 à 180 000 €
Un T2 de 45 m² acheté 168 000 € dans une ville moyenne, loué 750 €/mois hors charges :
- Coût d'acquisition total : 168 000 € + 12 600 € de frais de notaire (7,5 %) = 180 600 € ;
- Loyers annuels : 750 × 12 = 9 000 € → rentabilité brute = 9 000 ÷ 180 600 = 4,98 % ;
- Dépenses annuelles : taxe foncière 850 € + charges non récupérables 550 € + assurance PNO 140 € + GLI 270 € + provision entretien/vacance 500 € = 2 310 € ;
- Revenu net avant impôt : 9 000 − 2 310 = 6 690 € → rentabilité nette = 6 690 ÷ 180 600 = 3,70 % ;
- Après impôt (location nue au micro-foncier, TMI 30 %) : imposition sur 6 300 € (abattement 30 %) × (30 % + 17,2 %) = 2 974 € → il reste 3 716 €, soit une rentabilité nette-nette de 2,06 %. Le même bien en LMNP réel avec amortissement aurait un impôt proche de zéro pendant plusieurs années, soit un net-net proche de 3,7 %.
L'écart entre 4,98 % affiché et 2,06 % réellement perçu illustre pourquoi le calcul brut seul ne suffit jamais pour décider — et pourquoi le choix du régime fiscal pèse autant que le choix du bien.
Studio, T3, immeuble : la rentabilité selon le type de bien
À ville égale, le type de bien fait varier le rendement de plusieurs points :
- Studios et T1 : ce sont les biens les plus rentables au m² — le loyer au m² d'une petite surface est 20 à 40 % supérieur à celui d'un grand logement. Contrepartie : un turnover élevé (étudiants, jeunes actifs), donc plus de vacance, de frais de relocation et d'usure ;
- T2 et T3 : le compromis le plus recherché des investisseurs. Loyer au m² encore correct, locataires plus stables (couples, jeunes familles), vacance faible. C'est souvent le meilleur rapport rendement/tranquillité ;
- Grandes surfaces et maisons : rendement brut plus faible (loyer au m² dégressif), mais locataires très stables et valorisation patrimoniale supérieure à la revente ;
- Immeubles de rapport : les rendements affichés les plus élevés (8 à 12 % brut dans certaines villes moyennes), au prix d'une gestion lourde, d'un risque de vacance multiplié et de travaux structurels à votre seule charge (toiture, façade — pas de copropriété pour partager).
Le meublé ajoute une dimension transversale : quel que soit le type de bien, il augmente le loyer de 10 à 20 % et ouvre le régime LMNP. Sur un studio en ville étudiante, l'écart de rentabilité nette-nette entre nu et meublé dépasse fréquemment 1,5 point.
Qu'est-ce qu'une bonne rentabilité locative ?
Il n'y a pas de chiffre magique : la rentabilité s'apprécie en fonction du risque et du potentiel de plus-value. Les grands repères du marché français en 2026 :
- Paris et métropoles chères (prix > 8 000 €/m²) : 3 à 4 % brut. Rendement faible, mais liquidité maximale et bonne tenue des prix ;
- Grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Nantes…) : 4 à 5,5 % brut ;
- Villes moyennes dynamiques : 5,5 à 7,5 % brut — souvent le meilleur équilibre rendement/risque ;
- Petites villes et marchés détendus : 7 à 10 % brut, mais vacance locative et revente plus incertaines : le rendement élevé rémunère un risque réel.
Une « bonne » rentabilité est donc celle qui dépasse le rendement moyen de sa catégorie de ville sans cumul de risques cachés (quartier en déprise, copropriété endettée, passoire thermique interdite à la location). Pour situer les prix d'achat de votre ville, consultez nos pages prix immobilier par ville, alimentées par les transactions DVF réelles.
Pensez enfin au cash-flow si vous financez à crédit : un bien peut être rentable au sens du rendement mais exiger un effort d'épargne mensuel si la mensualité dépasse le loyer net. À l'inverse, un cash-flow positif dès le départ est rare et signale souvent un marché à risque.
Les 5 pièges qui faussent le calcul
Les erreurs les plus fréquentes qui font surestimer une rentabilité au moment de l'achat :
- Se fier au loyer annoncé par le vendeur : un bien vendu loué peut afficher un loyer supérieur au marché (bail ancien jamais révisé à la baisse, locataire captif). À la relocation, le loyer réel s'alignera sur le marché — vérifiez toujours avec une estimation indépendante ;
- Oublier les frais d'acquisition : calculer sur le prix net vendeur au lieu du coût total (frais de notaire, agence, travaux) gonfle artificiellement le rendement de 0,5 à 1 point ;
- Ignorer la vacance : entre deux locataires, comptez 2 à 4 semaines dans un marché tendu, 2 à 3 mois dans un marché détendu. Sur un studio à fort turnover, la vacance récurrente coûte facilement 0,5 point par an ;
- Sous-estimer les charges de copropriété : demandez les 3 derniers procès-verbaux d'assemblée générale — un ravalement ou une réfection de toiture votés représentent parfois plusieurs années de loyers ;
- Négliger le DPE : un logement classé G est interdit à la location depuis 2025, les F le seront en 2028. Un bien énergivore « très rentable » sur le papier peut devenir un actif inlouable sans 15 000 à 40 000 € de travaux.
5 leviers pour améliorer votre rentabilité
- Acheter au bon prix : la rentabilité se joue d'abord à l'achat. Négociez sur la base des transactions réelles du quartier, pas du prix affiché ;
- Fixer le bon loyer : un loyer 5 % sous le marché se loue plus vite et limite la vacance ; un loyer surévalué génère turnover et impayés. Objectivez avec une estimation de loyer basée sur les données de marché ;
- Passer au meublé (LMNP) : loyer 10 à 20 % plus élevé et fiscalité souvent plus douce au régime réel avec amortissement ;
- Optimiser le régime fiscal : au-delà de 30 % de charges réelles, le régime réel bat le micro-foncier ; en meublé, le réel avec amortissement neutralise souvent l'impôt plusieurs années ;
- Limiter la vacance : réactivité sur les relocations, entretien régulier, bonne sélection du locataire (voir notre guide du dossier locataire) — chaque mois de vacance coûte environ 0,4 point de rentabilité sur l'année.
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FAQ
- Comment calculer la rentabilité locative d'un bien ?
-
Rentabilité brute = (loyer mensuel hors charges × 12) ÷ prix d'acquisition total (prix + frais de notaire + travaux) × 100. Pour la rentabilité nette, déduisez des loyers la taxe foncière, les charges non récupérables, les assurances, les frais de gestion et une provision pour vacance avant de diviser par le prix total.
- Quelle est une bonne rentabilité locative en 2026 ?
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Entre 3 et 4 % brut à Paris, 4 à 5,5 % dans les grandes métropoles, 5,5 à 7,5 % dans les villes moyennes dynamiques et jusqu'à 10 % dans les marchés détendus — où le rendement élevé rémunère un risque de vacance et de revente. Une bonne rentabilité est celle qui dépasse la moyenne de sa catégorie de ville sans risque caché.
- Quelle différence entre rentabilité brute et nette ?
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La brute rapporte simplement les loyers annuels au prix d'achat total. La nette déduit toutes les dépenses du propriétaire : taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurance PNO, garantie loyers impayés, frais de gestion et vacance locative. L'écart est généralement de 1 à 2 points.
- Qu'est-ce que la rentabilité nette-nette ?
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C'est la rentabilité après impôt sur les revenus locatifs et prélèvements sociaux (17,2 %). Elle dépend de votre régime fiscal : micro-foncier (abattement 30 %), réel, ou LMNP en meublé — ce dernier permet souvent de neutraliser l'impôt plusieurs années grâce à l'amortissement.
- Faut-il inclure le crédit dans le calcul de rentabilité ?
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Non pour la rentabilité (qui mesure la performance du bien indépendamment du financement), oui pour le cash-flow (loyers nets moins mensualité de crédit), qui mesure votre effort d'épargne mensuel. Les deux indicateurs se complètent : un bien rentable peut avoir un cash-flow négatif si le crédit est court.
- Comment améliorer la rentabilité d'un investissement locatif ?
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Cinq leviers : acheter sous le prix de marché, fixer un loyer juste (légèrement sous le marché pour limiter la vacance), passer au meublé LMNP, optimiser le régime fiscal (réel vs micro) et réduire la vacance locative par une bonne sélection du locataire et des relocations rapides.