Financements immobiliers : Villeroy de Galhau déplore une hausse des prix au détriment de la construction
Le gouverneur de la Banque de France alerte : les vingt-cinq dernières années de crédit ont surtout alimenté la montée des prix plutôt que l'augmentation du parc de logements.
Introduction
Lors d'une audition au Sénat, le gouverneur de la Banque de France a mis en garde : l'augmentation massive des crédits consacrés à l'immobilier ces dernières décennies a surtout alimenté la flambée des prix, sans produire de hausse comparable des volumes de logements.
Ce constat pose la question de l'efficacité des politiques de financement : plus d'argent a-t-il réellement permis de construire davantage, ou s'est-il principalement répercuté sur les valeurs foncières et les biens existants ?
Contexte et constat
Selon le gouverneur, les conditions de crédit particulièrement favorables — avec des taux historiquement bas — ont multiplié l'accès aux emprunts immobiliers. Pour autant, cette disponibilité du financement ne s'est pas traduite par une accélération significative de la construction de logements.
Des études officielles pointent plusieurs indicateurs inquiétants : la part des résidences secondaires a progressé plus rapidement que celle des résidences principales sur certaines périodes récentes, et le nombre de logements vacants a augmenté à un rythme supérieur à celui du parc total entre 2005 et 2023.
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Pourquoi les financements ont poussé les prix
Plusieurs mécanismes expliquent cette dynamique : lorsque le crédit devient abondant, la demande solvable augmente et se traduit souvent par une pression sur les prix des biens disponibles plutôt que par une hausse instantanée de l'offre nouvelle.
Facteurs structurels
Des contraintes de foncier, des procédures administratives longues et des coûts de construction élevés limitent la capacité du marché à transformer une hausse de la demande en nouveaux logements. Parallèlement, certains investissements se tournent vers les résidences secondaires ou la spéculation, réduisant l'impact sur la production d'habitat.
Conséquences et pistes de réflexion
Face à ce constat, le gouverneur a appelé à une réflexion collective sur les leviers à activer : politique du logement, régulation du crédit, incitations à la construction et gestion des résidences secondaires sont autant de pistes à explorer.
Actions publiques et initiatives
Au niveau européen, des mesures pour améliorer l'accès au logement abordable ont été lancées récemment. En France, des propositions parlementaires cherchent à relancer la construction, mais ces textes suscitent débats et oppositions parmi les acteurs du secteur.
Il faut, selon lui, mener une « réflexion économique » partagée, où la Banque de France jouera son rôle pour aider à comprendre et corriger ces déséquilibres.
Source : BFM Immo (BFMTV) — AFP.
FAQ
- Pourquoi la hausse des crédits n'a-t-elle pas entraîné plus de constructions ?
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Des facteurs structurels — foncier limité, coûts de construction, contraintes réglementaires — ont freiné la transformation de la demande en offre nouvelle, orientant l'argent vers les prix plutôt que vers des projets.
- Quel rôle ont joué les résidences secondaires dans la crise du logement ?
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La hausse plus rapide des résidences secondaires par rapport aux résidences principales a contribué à limiter l'offre disponible pour les habitants permanents, accentuant la pression sur les prix locaux.
- Quelles mesures peuvent freiner la montée des prix ?
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Combiner des incitations à la construction, une meilleure gestion du foncier, une régulation ciblée des marchés et des dispositifs fiscaux pour décourager la spéculation peut contribuer à apaiser la hausse des prix.
- La Banque de France propose-t-elle des solutions concrètes ?
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Le gouverneur appelle à une « réflexion économique » collective et indique que la Banque de France doit participer à l'analyse, sans pour autant détailler d'outils précis lors de l'audition.