Au Mipim, les États du Golfe poursuivent leur séduction auprès des investisseurs malgré la guerre
Malgré les tensions au Moyen-Orient et l'incertitude sur l'énergie, les pays du Golfe affichent une présence active au Mipim pour attirer des capitaux immobiliers.
Introduction
Le Mipim, salon international de l'immobilier qui se tient chaque année à Cannes, s'est déroulé cette édition sous le signe de l'incertitude. Les récents affrontements au Moyen-Orient ont placé la question énergétique et la stabilité géopolitique au centre des discussions.
Pourtant, malgré ce contexte tendu, plusieurs délégations du Golfe ont maintenu une présence très visible, cherchant à convaincre des investisseurs étrangers de financer leurs grands projets immobiliers.
Contexte géopolitique et incidences sur l'énergie
La fermeture temporaire de routes maritimes stratégiques et certaines interruptions de production ont ravivé les craintes sur l'approvisionnement en pétrole et gaz. Ces événements ont produit une volatilité sur les marchés de l'énergie, même si les cours se sont stabilisés autour d'un niveau intermédiaire ces derniers jours.
Différences avec 2022
Si la situation rappelle la crise de 2022, les mécanismes sont distincts : une grande partie des exportations a pu transiter par des corridors terrestres, et les fragilités du contexte international ne sont pas identiques à celles observées lors du conflit en Ukraine.
Un investisseur rencontré au Mipim résume la position d'une partie des marchés : la présence militaire américaine dans la région assure, selon lui, un filet de sécurité suffisant pour maintenir une confiance relative.
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La présence des pays du Golfe au Mipim
Arabie saoudite, Qatar et Oman figuraient parmi les délégations les plus actives sur le salon. Leurs stands mettent en avant des méga-projets, des villes nouvelles et des infrastructures conçues pour capter des flux d'investissements internationaux.
Stratégies d'attraction
La communication officielle insiste sur la continuité des affaires et la volonté d'attirer des capitaux afin de diversifier les économies au-delà des hydrocarbures. Des projets comme le New Murabba servent d'exemple pour promouvoir des villes intelligentes et des pôles technologiques dans le désert.
Plusieurs interlocuteurs étrangers notent toutefois une inquiétude sur la transparence du marché local, ce qui freine certains investissements malgré l'intérêt affiché.
Conséquences et opportunités pour les investisseurs
Du côté européen, la stratégie consiste à valoriser la sécurité, la robustesse des normes environnementales et les actifs logistiques et de défense. Ces arguments sont mis en avant pour attirer des capitaux cherchant des alternatives perçues comme plus sûres.
Quel horizon pour les capitaux ?
Les besoins de financement restent considérables pour les giga-projets du Golfe : hôtels, centres de données, infrastructures. Tant que le risque géopolitique n'évolue pas vers une escalade, les promoteurs espèrent capter des fonds, même si certains investisseurs demeurent prudents.
Article basé sur un reportage BFM Immo et observations recueillies au Mipim.
FAQ
- La guerre au Moyen-Orient va-t-elle stopper les investissements immobiliers du Golfe ?
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Pas automatiquement. Si des acteurs peuvent se montrer plus prudents, la plupart des États du Golfe continuent de promouvoir leurs projets et certains investisseurs restent actifs, attirés par les rendements et la diversification.
- L'évolution des prix de l'énergie influence-t-elle le marché immobilier ?
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Oui. Une montée durable des cours du pétrole et du gaz peut peser sur l'inflation et les coûts de construction, mais elle peut aussi renforcer les capacités d'investissement des États producteurs.
- Quels secteurs séduisent le plus les capitaux au Mipim cette année ?
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Les giga-projets urbains, le tourisme haut de gamme, les datacenters et les infrastructures logistiques figurent parmi les principales cibles des investisseurs.
- L'Europe peut-elle tirer parti de cette situation ?
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Oui. En misant sur la sécurité juridique, les normes ESG et les actifs stratégiques (logistique, défense), l'Europe tente d'offrir des alternatives attractives aux investisseurs internationaux.