Introduction

Au premier trimestre 2026, le marché de l'immobilier français donne des signes d'essoufflement : après un rebond en 2024‑2025, les transactions ne progressent plus sensiblement. Les chiffres publiés par les notaires et l'Insee montrent une activité qui se stabilise, tandis que des facteurs macroéconomiques pèsent sur les perspectives.

Cette pause tient à la conjoncture internationale et à des tensions sur les conditions de crédit. Autant d'éléments qui incitent à la prudence pour les ménages et les investisseurs, et qui modifient l'équilibre entre l'offre et la demande.

Conjoncture et niveau des transactions

Volumes et tendance annuelle

Sur douze mois, jusqu'à fin mars 2026, le nombre de ventes s'est stabilisé aux alentours de 952 000. Après une phase de reprise amorcée fin 2024, le rythme des opérations cesse donc de croître et retrouve un palier comparable à la fin 2025.

Autre indicateur révélateur : les transactions représentent désormais environ 2,5% du parc de logements en France. Ce niveau est similaire aux débuts des années 2000, mais reste en‑deçà du point haut observé en 2021 (environ 3,3% du stock).

Facteurs explicatifs

Les notaires relèvent que les tensions géopolitiques et la prudence économique renforcent l'incertitude. La demande stagne tandis que certains vendeurs anticipent et mettent des biens sur le marché, ce qui alimente l'offre et tempère la dynamique commerciale.

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Évolution des prix et disparités régionales

Tendances en province et en Île‑de‑France

En province, la hausse des prix de l'ancien s'est quasiment interrompue : la variation annuelle est devenue quasi nulle au premier trimestre (+0,1% sur un an), après plusieurs trimestres de progression. Le marché local a donc retrouvé un rythme plus sage.

En Île‑de‑France, la trajectoire est différente : les prix poursuivent une progression modérée pour le troisième trimestre consécutif (+0,6%). Cette hausse masque toutefois des écarts nets entre logements : les appartements continuent de s'apprécier, tandis que les maisons montrent une légère détente.

Cas parisien et neuf

À Paris, le prix moyen des appartements anciens reste élevé, autour de 9 600 €/m² au premier trimestre. Le secteur du neuf est également impacté : coûts de matériaux en hausse et ralentissement des autorisations fin avril contribuent à freiner la production de logements neufs.

Perspectives et conséquences pour acheteurs et vendeurs

Crédit et accessibilité

Les risques de remontée de l'inflation et les pressions sur les taux inquiètent. Entre août 2025 et avril 2026, les taux ont progressé d'environ 17 points de base, pour une moyenne estimée à 3,23% par l'Observatoire Crédit Logement — des courtiers proposant toutefois des estimations plus élevées. Dans ce contexte, certains dossiers, notamment de petits emprunts, rencontrent des difficultés d'accès au financement.

Malgré des conditions encore comparativement favorables, la durée et l'amplitude de la reprise restent incertaines : acteurs et notaires évoquent un marché durablement ralenti au moins jusqu'en 2027.

Que retenir pour les acteurs du marché ?

Pour les vendeurs, l'augmentation de l'offre peut limiter la marge de négociation ; pour les acheteurs, la prudence est de mise face aux coûts du crédit et à la volatilité des prix selon les territoires. Les décisions seront d'autant plus dépendantes de l'évolution des taux et de la situation économique mondiale.

Ce dossier s'appuie sur les analyses publiées par les notaires et l'Insee, et a été relayé par BFMTV Immobilier.