Hausse de 48% des prix et de 18% des loyers en huit ans : le Parlement européen met au vote un projet de rapport sur la crise du logement
Le Parlement européen soumet un texte qui dresse un constat alarmant du logement en Europe et propose des leviers pour relancer l’offre et encadrer les locations touristiques. Le rapport vise à peser sur la stratégie de la Commission prévue fin 2026.
Introduction
Le Parlement européen s'apprête à soumettre au vote un projet de rapport qui analyse en profondeur la crise du logement à l'échelle de l'Union. Les auteurs mettent en lumière des hausses de prix marquées et un déséquilibre structurel entre offre et demande.
Ce texte, présenté début février en commission, vise à orienter les décisions de la Commission européenne qui prévoit une stratégie sur le logement d'ici la fin de 2026.
Un diagnostic européen préoccupant
Les rapporteurs soulignent que, sur les huit dernières années, les prix de l'immobilier ont bondi d'environ 48% tandis que les loyers ont progressé en moyenne de 18%. Ces mouvements se combinent à une pénurie estimée à près de 10 millions de logements dans l'Union.
Les conséquences pour les ménages
Dans ce contexte, les locataires consacrent en moyenne près de 40% de leurs revenus mensuels au loyer, un ratio nettement supérieur dans des villes comme Milan, Dublin ou Lisbonne où il peut atteindre 60 à 70% du revenu disponible.
Les auteurs relèvent aussi un recul des permis de construire d'environ 20% sur cinq ans, ce qui freine la production de nouveaux logements et aggrave l'écart entre l'offre et la demande.
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Mesures proposées pour relancer l’offre
Le projet de rapport passe en revue plusieurs leviers pour stimuler la construction et favoriser l'accès au logement. Il plaide pour une mobilisation accrue de l'investissement public et privé, via des prêts ciblés et une meilleure orientation des financements européens.
Alléger les coûts et simplifier les règles
Parmi les pistes avancées figurent la réduction des charges liées aux travaux (par exemple une TVA très réduite sur les matériaux), la révision des règles d'occupation des sols et l'accélération des procédures d'autorisation pour les permis de construire.
Le texte évoque également la création d'une plateforme paneuropéenne d'investissement et un effort renforcé pour produire davantage de logement social, là où ses volumes ont diminué dans plusieurs États membres.
Régulation des meublés touristiques et calendrier
Le rapport donne une place importante à la question des locations de courte durée. Les locations touristiques ont fortement augmenté ces dernières années et contribuent, selon les auteurs, à la raréfaction du parc locatif classique dans de nombreuses villes.
Quelles actions attendre ?
Un règlement européen visant davantage de transparence entrera en vigueur en mai 2026, mais il ne fixe pas de plafonds de nuitées ou de stock. La Commission a annoncé qu'elle présenterait, au quatrième trimestre 2026, des propositions complémentaires sur ces sujets et sur les stratégies de construction.
Le projet de rapport a été adopté en commission le 9 février et doit être mis au vote en séance plénière en mars à Strasbourg. Source et documentation : BFM Immo (BFMTV).
FAQ
- Quelles sont les principales données soulignées par le rapport ?
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Le texte met en avant une hausse des prix de l'ordre de 48% sur huit ans, une progression moyenne des loyers de 18%, une pénurie d'environ 10 millions de logements et une baisse des permis de construire d'environ 20%.
- Quelles solutions sont proposées pour augmenter l'offre ?
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Les pistes incluent la mobilisation d'investissements publics-privés, une TVA réduite sur les matériaux, la simplification des règles d'urbanisme et un meilleur ciblage des financements européens pour le logement social.
- Le rapport prévoit-il de limiter les locations touristiques ?
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Le rapport demande un encadrement plus strict. Un règlement de transparence entre en vigueur en mai 2026 et la Commission doit proposer, fin 2026, des mesures complémentaires sur les locations de courte durée.
- Quel est l'impact pour les ménages ?
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Avec des loyers absorbant en moyenne 40% des revenus d'un foyer et des ratios encore plus élevés dans certaines villes, la pression sur les ménages, notamment les jeunes et la classe moyenne, est très forte.