SOS Racisme révèle des pratiques discriminatoires dans de nombreuses agences immobilières
Une enquête de SOS Racisme met en lumière l'appui de certaines agences à des demandes de propriétaires discriminantes, relançant le débat sur la formation et les sanctions.
Introduction
Une enquête publiée fin janvier par SOS Racisme pointe un phénomène préoccupant : une part significative d'agences immobilières aurait soutenu des demandes discriminantes formulées par des propriétaires.
Le rapport, réalisé par la méthode du testing, relance les interrogations sur le respect de la loi et la nécessité d'actions ciblées dans la profession.
Méthodologie et résultats
Le testing utilisé
Pour établir son bilan, l'association a contacté 198 agences appartenant à de grandes enseignes et au réseau de la FNAIM en se faisant passer pour des propriétaires. Les correspondants ont demandé que le logement soit loué exclusivement à des profils qualifiés d'« européens » afin d'éviter de prétendus "problèmes de voisinage".
Ce que révèle l'enquête
Sur l'ensemble des établissements testés, près d'une agence sur deux s'est montrée favorable à la demande discriminante ou s'en est rendue complice. D'autre part, un peu plus de la moitié des agences ont refusé de participer à cette sélection basée sur l'origine.
- 198 agences contactées au total
- 96 agences (48,48%) ont accepté ou facilité la demande
- 102 agences (51,52%) ont refusé d'appliquer une discrimination
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Réactions et mesures annoncées
Réponse des autorités
La ministre chargée de la lutte contre les discriminations a rappelé l'illégalité de tels comportements et a qualifié le rapport de SOS Racisme comme un signal que le chemin reste long. Elle a annoncé la mise en place prochaine d'une formation obligatoire sur la discrimination pour l'ensemble des agents immobiliers, via un décret attendu dans les semaines à venir.
Position des professionnels
La Fédération nationale de l'immobilier a condamné les pratiques mises en évidence et souligne que, pour élever le niveau de la profession, il faudra combiner formation et sanctions effectives. SOS Racisme a de son côté appelé les parlementaires à agir et à dénoncer vivement ces ruptures d'égalité.
Contexte et conséquences
Un problème récurrent
Il ne s'agit pas d'une première campagne : SOS Racisme avait déjà mené des testing en 2019 et 2022. Les résultats montrent une stabilité inquiétante des pratiques discriminatoires au fil des années, sans amélioration nette depuis la précédente enquête.
Enjeux pour le secteur
Outre le volet pénal, ces révélations posent la question de la prévention et du contrôle dans le secteur immobilier. Sans formation généralisée et dispositifs de sanction dissuasifs, le risque est que certaines pratiques perdurent au détriment de l'égalité d'accès au logement.
- Renforcer la formation obligatoire pour tous les agents
- Améliorer les contrôles et les sanctions en cas de manquement
- Sensibiliser les propriétaires et les professionnels aux règles d'égalité
FAQ
- Quelle méthode a utilisé SOS Racisme pour cette enquête ?
-
L'association a réalisé un testing : des enquêteurs se sont fait passer pour des propriétaires et ont contacté des agences pour évaluer leur réaction face à une demande discriminatoire.
- Quelles sont les proportions relevées par l'étude ?
-
Sur 198 agences sondées, 96 (environ 48,5%) ont accepté ou facilité une demande discriminante, tandis que 102 (51,5%) s'y sont opposées.
- Quelles mesures sont annoncées par le gouvernement ?
-
La ministre a annoncé l'instauration d'une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers, via un décret prochainement publié.
- La situation s'est-elle améliorée depuis les précédentes enquêtes ?
-
Selon SOS Racisme, les résultats montrent peu d'amélioration depuis 2022, ce qui laisse entendre que le problème reste structurel.