Introduction

En 2025, les communes ont délivré nettement plus d'autorisations de construire, mais cet élan ne se traduit pas encore par une explosion des travaux. Les chiffres publiés récemment montrent un décalage entre autorisations et démarrages, laissant le marché du neuf en situation précaire.

Ce dossier reprend les principaux chiffres disponibles et décrypte pourquoi une hausse des permis ne suffit pas, pour l'instant, à relancer massivement les chantiers.

Permis de construire : hausse mais contexte fragile

Selon les premières estimations, le nombre d'autorisations a augmenté d'environ 15% en 2025 par rapport à 2024, avec près de 379 222 permis accordés. Cette progression suit le retournement amorcé après l'année précédente, qui avait marqué un creux historique pour la construction neuve.

Un rebond relatif

Malgré cette montée, le volume reste inférieur à la moyenne des cinq dernières années, d'environ 9% en dessous. Autrement dit, on observe un redémarrage, mais qui ne compense pas encore la perte d'activités accumulée au cours des années précédentes.

Estimation gratuite

Combien vaut votre bien immobilier ?

Obtenez une estimation précise en moins de 2 minutes, basée sur les données du marché.

Estimer mon bien

100% gratuit • Sans engagement

Mises en chantier : une progression limitée

Le démarrage des constructions a augmenté modérément : les mises en chantier ont été estimées à 274 611 en 2025, soit une hausse d'environ 5% par rapport à 2024. Toutefois, ce niveau demeure nettement en retrait par rapport à la période 2019-2024.

Un décalage entre autorisations et travaux

La différence entre permis délivrés et chantiers lancés s'explique en partie par le délai existant entre l'autorisation administrative et l'ouverture effective du chantier. En outre, les données sont provisoires et la couverture statistique n'est pas complète, ce qui invite à la prudence dans l'interprétation.

Individuel vs collectif : trajectoires distinctes

Les logements individuels restent particulièrement affectés : 132 819 maisons individuelles ont reçu un permis en 2025, un niveau loin en dessous de la moyenne quinquennale (près de 29,1% d'écart). La filière individuelle met donc plus de temps à reprendre.

Le collectif montre des signes de stabilisation

En revanche, le collectif a retrouvé une partie de son activité avec 246 403 logements autorisés, se rapprochant des tendances observées sur les cinq dernières années. Sur le dernier mois de l'année, on note même un sursaut avec 32 381 logements autorisés en décembre, en hausse par rapport au mois précédent.

Le service statistique gouvernemental souligne que la composition des autorisations varie : moins de collectif ordinaire mais davantage de résidences, ce qui influe sur les comparaisons à moyen terme.

Pourquoi la reprise reste incertaine

Plusieurs freins continuent de peser sur la construction neuve. La hausse des coûts de construction, la volatilité des taux d'intérêt et la diminution des incitations fiscales ont réduit la capacité et l'envie d'investir pour de nombreux acteurs.

Facteurs pesant sur le secteur

  • Coût élevé des matériaux et de la main-d'œuvre.
  • Variations des taux qui rendent les crédits plus coûteux pour les ménages et les promoteurs.
  • Réduction des dispositifs d'incitation fiscale pour l'investissement locatif.

Au final, si les autorisations montrent un signal positif, la transformation de ces permis en chantiers effectifs prendra encore du temps. Le redressement du marché du neuf reste donc fragile et dépendra de l'évolution des coûts, des conditions de financement et de la demande.