Un programme sur quatre abandonné : les investisseurs privés tombent à 10 000, six fois moins qu'en 2019
Le recul massif des investisseurs particuliers freine la production de logements neufs. Promoteurs et professionnels demandent des mesures claires, notamment un statut fiscal effectif pour relancer la construction.
Introduction
Le lancement des programmes immobiliers ralentit fortement : près d'une opération sur quatre n'aboutit plus aujourd'hui. Ce recul pèse sur l'offre de logements neufs et inquiète les acteurs du secteur.
Les promoteurs appellent à des solutions pour ramener les investisseurs privés sur le marché, ou à défaut alléger certaines contraintes afin de rétablir l'équilibre économique des projets.
Contexte et chiffres clés
Le dernier baromètre de la profession fait état d'une chute marquée des ventes et des mises en chantier : ventes en bloc aux bailleurs sociaux en recul de 19%, ventes aux particuliers en baisse de 21% et un plongeon de 55% pour l'investissement locatif privé.
Des millions de candidats au logement
Parallèlement, la Fédération des promoteurs indique que le nombre d'investisseurs privés est tombé à environ 10 000 en 2025, contre 62 000 en 2019. Sur la période récente, entre 19 et 23% des programmes n'aboutiraient pas, alors qu'avant la crise ce taux était de 3 à 4%.
Combien vaut votre bien immobilier ?
Obtenez une estimation précise en moins de 2 minutes, basée sur les données du marché.
100% gratuit • Sans engagement
Pourquoi les investisseurs privés se sont retirés
Plusieurs facteurs expliquent ce désengagement : la dégradation des marges locatives, l'augmentation des charges et des taxes, ainsi que l'incertitude réglementaire qui réduit l'attrait pour le placement immobilier locatif.
Une équation économique fragilisée
Pour un particulier, la rentabilité repose sur l'écart entre loyers et charges et sur la valorisation du bien. Si le rendement attendu s'effondre, le risque de se lancer devient trop élevé et les projets ne trouvent plus leur financement privé.
Le statut du bailleur privé : quel impact ?
Le dispositif proposé vise à instaurer un mécanisme d'amortissement fiscal pour les propriétaires qui louent. Les promoteurs espèrent que cela rétablit un modèle économique viable pour l'investissement locatif.
Débat sur l'efficacité et le coût
Les textes en discussion sont controversés : le Gouvernement a estimé le coût du dispositif entre 4 et 5 milliards d'euros, tandis que la profession affirme que les recettes liées à la construction pourraient compenser une partie de cette dépense.
Conséquences et réponses politiques
Si les investisseurs privés ne reviennent pas, la conséquence est simple : moins d'opérations sont lancées, donc moins de logements livrés, tant pour le parc social que pour l'accession ou la location privée.
Mesures d'urgence et perspectives
Pour répondre au blocage, l'exécutif a annoncé des mesures ponctuelles comme un renfort des moyens pour les bailleurs sociaux et le maintien de budgets tels que MaPrimeRénov'. Les professionnels demandent cependant une clarification et un dispositif réellement opérationnel pour relancer l'investissement.
Source : Synthèse de l'enquête et des déclarations publiées par BFMTV Immo.
FAQ
- Pourquoi un quart des programmes sont-ils abandonnés ?
-
Le manque d'investisseurs privés, la hausse des coûts et une rentabilité jugée insuffisante poussent des projets à être stoppés faute de financements et de modèles économiques viables.
- Qu'est-ce que le statut du bailleur privé ?
-
C'est un dispositif fiscal prévu pour permettre aux propriétaires bailleurs d'amortir fiscalement leurs investissements, afin d'améliorer la rentabilité de la location et d'encourager l'investissement privé.
- Les mesures annoncées par le gouvernement suffiront-elles ?
-
Les aides ponctuelles (soutien aux bailleurs sociaux, maintien des budgets) atténuent la crise mais les professionnels réclament un statut pérenne et efficace pour relancer durablement le neuf.
- Quels sont les chiffres essentiels à retenir ?
-
En 2025, environ 10 000 opérations émaneraient d'investisseurs privés (contre 62 000 en 2019) et 19-23% des programmes seraient abandonnés, contre 3-4% avant la crise.