Reconnaissance de dette : modèle gratuit et règles 2026
La reconnaissance de dette sécurise un prêt entre particuliers — notamment le prêt familial pour un apport immobilier. Modèle gratuit Word/PDF, mention manuscrite obligatoire, déclaration fiscale au-delà de 5 000 € et recours en cas d'impayé.
Qu'est-ce qu'une reconnaissance de dette ?
Comment faire une reconnaissance de dette valable ?
Le débiteur rédige un écrit daté et signé mentionnant l'identité des parties et le montant prêté en chiffres ET en toutes lettres écrit de sa main (article 1376 du Code civil). Au-delà de 1 500 €, l'écrit est exigé comme preuve ; au-delà de 5 000 €, le prêt doit être déclaré aux impôts (formulaire n° 2062). Modèle gratuit à télécharger ci-dessous.
La reconnaissance de dette est l'acte écrit par lequel une personne (le débiteur) reconnaît devoir une somme d'argent à une autre (le créancier) et s'engage à la rembourser. C'est l'outil juridique qui transforme un prêt de confiance — entre parents et enfants, entre amis, entre concubins — en créance prouvable devant un juge.
Sans écrit, celui qui a prêté est démuni : au-delà de 1 500 €, la loi exige une preuve écrite (article 1359 du Code civil), et le débiteur de mauvaise foi pourra soutenir qu'il s'agissait d'un don. Des virements bancaires ne suffisent pas toujours : ils prouvent la remise des fonds, pas l'obligation de restituer.
Deux formes possibles : l'acte sous seing privé (rédigé et signé entre particuliers — gratuit, valable, c'est l'objet de notre modèle) et l'acte notarié (55 à 200 € environ), qui ajoute la force exécutoire : en cas d'impayé, le créancier peut saisir directement un commissaire de justice sans passer par un jugement.
Modèle de reconnaissance de dette gratuit (Word/PDF)
La structure type d'une reconnaissance de dette complète :
Je soussigné(e) [débiteur : nom, prénom, né(e) le, demeurant] reconnais devoir à [créancier : nom, prénom, né(e) le, demeurant] la somme de [montant en chiffres] € ([montant en toutes lettres, de la main du débiteur] euros), qui m'a été remise le [date] par [virement/chèque].
Je m'engage à rembourser cette somme [en totalité le (date) / par (X) mensualités de (montant) € à compter du (date)].
[Prêt sans intérêt / au taux de X % l'an.]
Fait à [ville], le [date], en deux exemplaires originaux. — Signature du débiteur
Télécharger le modèle de reconnaissance de dette (Word + PDF) — gratuit, avec la clause d'exigibilité anticipée, les options d'échéancier et le rappel de la déclaration fiscale.
Établissez deux exemplaires originaux (un pour chaque partie). L'original détenu par le créancier est le titre de créance : conservez-le précieusement jusqu'au remboursement intégral, puis restituez-le au débiteur ou remettez-lui un reçu de solde.
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Les mentions obligatoires (article 1376 du Code civil)
Pour valoir preuve parfaite, l'acte sous seing privé doit contenir :
- La signature du débiteur ;
- La mention du montant en chiffres ET en toutes lettres, écrite par le débiteur lui-même — c'est l'exigence de l'article 1376 du Code civil. En cas de différence entre les deux, c'est la somme en toutes lettres qui prévaut ;
- La date de l'acte (point de départ des délais) ;
- L'identité complète des deux parties (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse).
Fortement recommandés en complément :
- La date et le mode de remise des fonds (virement du [date] — gardez le relevé bancaire) ;
- Les modalités de remboursement : échéancier ou terme unique. Sans terme prévu, le créancier devra demander au juge de fixer un délai (article 1900 du Code civil) ;
- Le taux d'intérêt le cas échéant : il doit être fixé par écrit (sinon le prêt est présumé gratuit) et ne peut dépasser le taux de l'usure ;
- Une clause d'exigibilité anticipée en cas d'échéance impayée.
Un acte auquel manque la mention manuscrite n'est pas nul : il vaut commencement de preuve par écrit, à compléter par d'autres éléments (virements, messages, témoignages). Mais autant faire les choses bien dès le départ.
Déclaration aux impôts : obligatoire dès 5 000 €
Le prêt entre particuliers a un volet fiscal souvent ignoré :
- Prêt supérieur à 5 000 € : déclaration obligatoire à l'administration fiscale via le formulaire n° 2062, déposé par le débiteur (en pratique par l'une ou l'autre des parties) avec la déclaration de revenus de l'année du prêt. C'est gratuit et sans impôt — c'est une simple mesure de transparence ;
- Intérêts perçus : le créancier doit les déclarer (revenus de capitaux mobiliers, PFU 30 % ou barème) ;
- Enregistrement de l'acte (facultatif) : 125 € auprès du service des impôts, utile pour donner une date certaine opposable aux tiers ;
- Pourquoi c'est important : un prêt non déclaré peut être requalifié en donation déguisée par le fisc — avec droits de donation, pénalités et intérêts de retard à la clé, et des conséquences successorales entre héritiers (rapport à la succession).
La frontière prêt/donation est le point de contrôle n°1 de l'administration : un « prêt » sans écrit, sans remboursement effectif et sans déclaration ressemble fiscalement à une donation. La reconnaissance de dette écrite, déclarée et suivie de remboursements réels est votre meilleure protection.
Prêt familial et apport immobilier : le cas d'usage n°1
Le prêt familial est massivement utilisé pour constituer l'apport d'un achat immobilier : parents qui aident un enfant, grands-parents qui complètent un plan de financement. Trois précautions spécifiques :
- La banque demandera l'origine des fonds : présentez la reconnaissance de dette dès le montage du dossier. Attention, certaines banques intègrent le remboursement du prêt familial dans le taux d'endettement — un prêt « in fine » (remboursable au terme) ou une donation peuvent être préférables pour ne pas plomber la capacité d'emprunt ;
- Couple non marié qui achète : si les parents de l'un prêtent à leur enfant seul mais que le bien est acheté à deux, la reconnaissance de dette évite que l'apport familial profite pour moitié à l'autre en cas de séparation. Combinez-la avec une clause de répartition adaptée dans l'acte d'achat ;
- Anticipez la succession : au décès du prêteur, le capital restant dû devient une créance de la succession — le débiteur devra le rembourser à la masse successorale (ou il s'imputera sur sa part s'il est héritier). Une reconnaissance de dette claire évite les conflits entre frères et sœurs.
Alternative à comparer : la donation (abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, + 31 865 € de don familial d'argent sous conditions d'âge) — définitive mais sans remboursement. Le prêt préserve l'équilibre entre héritiers ; la donation optimise la transmission. Pour calculer votre budget d'achat avec l'apport, utilisez notre simulateur de capacité d'emprunt.
Que faire si le débiteur ne rembourse pas ?
La gradation des recours, du plus doux au plus contraignant :
- Relance amiable écrite (mail puis courrier) — souvent suffisante en famille ;
- Mise en demeure par lettre recommandée avec AR : elle fait courir les intérêts de retard au taux légal et constitue le préalable obligatoire aux poursuites ;
- Injonction de payer : procédure rapide et peu coûteuse (requête au juge des contentieux de la protection ou au tribunal judiciaire selon le montant) — le juge rend une ordonnance exécutoire sur la seule base de la reconnaissance de dette, sans audience ;
- Assignation en paiement pour les dossiers contestés ;
- Exécution forcée par commissaire de justice une fois le titre obtenu : saisie sur compte bancaire, sur salaire, sur biens.
C'est ici que l'acte notarié montre son avantage : sa force exécutoire permet de passer directement à l'étape 5, sans jugement. Pour un prêt important (plusieurs dizaines de milliers d'euros), le détour par le notaire est un investissement rationnel.
À noter pour les prêts entre proches : le juge peut accorder des délais de grâce au débiteur de bonne foi (jusqu'à 2 ans, article 1343-5 du Code civil).
Validité et prescription : combien de temps ?
Les délais à connaître :
| Question | Réponse |
|---|---|
| Durée de validité de l'acte | Illimitée — la reconnaissance de dette n'expire pas |
| Prescription de l'action en paiement | 5 ans (article 2224 du Code civil), à compter de l'échéance impayée — pas de la date de l'acte |
| Prêt sans terme prévu | La prescription ne court qu'à partir de la demande de remboursement (le juge fixe le terme, art. 1900) |
| Interruption de la prescription | Reconnaissance du débiteur (paiement partiel, écrit), mise en demeure suivie d'une action en justice |
| Décès du débiteur | La dette passe aux héritiers qui acceptent la succession |
| Décès du créancier | La créance entre dans sa succession — les héritiers peuvent en poursuivre le recouvrement |
Réflexe pratique pour les prêts longs (type prêt familial immobilier remboursé sur 10-15 ans) : chaque remboursement partiel interrompt et fait repartir la prescription. Gardez la trace écrite des paiements (virements libellés « remboursement prêt du [date] ») : c'est à la fois la preuve du sérieux du prêt pour le fisc et la protection du créancier contre la prescription.
FAQ
- Comment rédiger une reconnaissance de dette valable ?
-
Un écrit daté et signé par le débiteur, mentionnant l'identité complète des deux parties et le montant en chiffres et en toutes lettres — la somme en lettres devant être écrite de la main du débiteur (article 1376 du Code civil). Ajoutez la date de remise des fonds, les modalités de remboursement et l'éventuel taux d'intérêt. Deux exemplaires originaux, un par partie.
- Une reconnaissance de dette est-elle valable sans notaire ?
-
Oui. L'acte sous seing privé signé entre particuliers est pleinement valable comme preuve de la créance. L'acte notarié (55 à 200 €) ajoute la force exécutoire : en cas d'impayé, le créancier peut saisir directement un commissaire de justice sans obtenir de jugement. Pour les sommes importantes, il vaut l'investissement.
- Faut-il déclarer une reconnaissance de dette aux impôts ?
-
Oui au-delà de 5 000 € : le prêt doit être déclaré via le formulaire n° 2062 joint à la déclaration de revenus de l'année du prêt. C'est gratuit et sans impôt. Les intérêts éventuellement perçus par le prêteur sont imposables. Un prêt non déclaré et non remboursé risque la requalification en donation déguisée, avec droits et pénalités.
- Quel est le délai de prescription d'une reconnaissance de dette ?
-
5 ans à compter de l'échéance impayée (article 2224 du Code civil) — pas de la date de signature. Si aucun terme n'est prévu, la prescription ne court qu'à partir de la demande de remboursement. Chaque paiement partiel ou reconnaissance écrite du débiteur interrompt le délai, qui repart à zéro.
- Que faire si la personne ne rembourse pas sa reconnaissance de dette ?
-
Envoyez d'abord une mise en demeure en recommandé avec AR, puis déposez une requête en injonction de payer : sur la base de la reconnaissance de dette, le juge rend une ordonnance exécutoire sans audience. Un commissaire de justice peut ensuite pratiquer une saisie sur compte ou sur salaire. Avec un acte notarié, la saisie est possible directement, sans jugement.
- Un prêt familial pour un apport immobilier doit-il faire l'objet d'une reconnaissance de dette ?
-
C'est fortement recommandé : la banque exigera de connaître l'origine des fonds, le fisc pourra vérifier qu'il ne s'agit pas d'une donation déguisée, et l'écrit protège l'équilibre entre héritiers à la succession du prêteur. Attention : certaines banques intègrent le remboursement du prêt familial dans le taux d'endettement de l'emprunteur.