Qu'est-ce qu'un compromis de vente sous seing privé en 2026 ?

Un compromis de vente sous seing privé est un avant-contrat de vente immobilière signé directement entre les parties (vendeur et acheteur, éventuellement assistés d'un agent immobilier) sans l'intervention d'un notaire. Il s'oppose à l'acte authentique notarié, qui doit obligatoirement être reçu par un officier public.

L'expression « sous seing privé » signifie littéralement « sous signature privée » : le document est valable parce qu'il porte la signature manuscrite des parties, sans formalisme officiel particulier. C'est la forme la plus courante des compromis de vente entre particuliers en France.

Fondement juridique : le consensualisme français

Depuis le Code civil de 1804, le droit français repose sur le principe du consensualisme (article 1583 du Code civil) : « La vente est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit à l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n'ait pas encore été livrée ni le prix payé. »

Conséquence directe : un compromis sous seing privé est juridiquement aussi engageant qu'un compromis notarié entre les parties. La signature suffit à former la vente. Seule différence : la force probante et la force exécutoire de l'acte sont plus faibles que celles d'un acte authentique.

Trois cas typiques où il est utilisé

  • Vente entre particuliers directe (PAP, LeBonCoin) sans agent ni mandat exclusif notaire.
  • Vente via agent immobilier qui fait signer un compromis SSP en agence, suivi de l'acte notarié 3 mois plus tard.
  • Vente entre proches (famille, succession amiable) pour formaliser rapidement l'accord avant l'acte notarié.

Qui peut le rédiger ?

Légalement, n'importe qui peut rédiger un compromis sous seing privé : les parties elles-mêmes, un agent immobilier, un avocat ou un notaire (qui peut aussi rédiger un acte SSP, distinct de l'acte authentique). Mais en pratique, mieux vaut :

  • S'appuyer sur un modèle juridiquement validé (cf. notre modèle de compromis de vente gratuit).
  • Faire relire par un notaire ou un avocat avant signature — coût indicatif 100 à 300 €.
  • Éviter les modèles trop succincts trouvés sur des forums qui oublient des mentions obligatoires.

Validité juridique du compromis sous seing privé : ce que dit la loi

Le compromis de vente sous seing privé est parfaitement valable juridiquement en 2026 — sous réserve de respecter quelques règles formelles. Cette validité repose sur plusieurs articles du Code civil et du Code de la construction et de l'habitation.

Article 1582 du Code civil — la vente comme contrat consensuel

L'article 1582 dispose : « La vente est une convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose, et l'autre à la payer. Elle peut être faite par acte authentique ou sous seing privé. »

Cette dernière phrase, claire et sans ambiguïté, fonde la validité du compromis SSP en droit français. Le législateur a expressément prévu les deux formes comme également valables.

Article 1583 du Code civil — le consensualisme

L'article 1583 ajoute : « Elle est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit à l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est convenu de la chose et du prix... »

Autrement dit : la simple rencontre des consentements sur la chose et le prix forme la vente. La forme écrite n'est qu'un mode de preuve, pas une condition de validité — sauf exceptions (durée d'option > 18 mois pour une promesse unilatérale, ce qui ne concerne pas le compromis synallagmatique).

Article 1369 du Code civil — la distinction avec l'acte authentique

L'article 1369 dispose que l'acte authentique « fait foi de la convention qu'il renferme entre les parties contractantes et leurs héritiers ou ayants cause. » Et il a force exécutoire. Le sous seing privé, lui, fait foi jusqu'à preuve du contraire — c'est-à-dire qu'une partie peut le contester si elle apporte des éléments fiables (faux, dol, vice du consentement).

Article L. 271-1 CCH — le délai de rétractation s'applique aussi au SSP

L'article L. 271-1 du Code de la construction et de l'habitation impose un délai de rétractation de 10 jours à tout acquéreur non professionnel d'un bien d'habitation, que le compromis soit signé en SSP ou par acte authentique. Cette protection est d'ordre public — vous ne pouvez pas y renoncer dans le contrat.

En conclusion : tant que les mentions obligatoires sont présentes et que le délai de rétractation est respecté, un compromis sous seing privé est juridiquement aussi solide qu'un acte notarié entre les parties. Les différences se jouent sur la force de preuve et l'efficacité en cas de litige.

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Sous seing privé vs acte authentique : tableau comparatif détaillé

Bien comprendre la différence entre acte sous seing privé et acte authentique est central pour choisir la forme du compromis qui vous convient. Voici un comparatif point par point en 2026.

Critère Compromis sous seing privé Compromis acte authentique
Qui rédigeParties, agent immobilier, avocatNotaire exclusivement
Coût0 € à 300 € (relecture pro)150 à 400 € de provision
Force probanteFoi jusqu'à preuve du contraireForce probante absolue
Force exécutoireAucune (nécessite procédure)Saisie immédiate possible
Délai signatureImmédiateRendez-vous en étude (1-3 sem.)
ConservationOriginaux entre les partiesOriginal en étude (75 ans)
Délai de rétractation 10 jOui (L. 271-1 CCH)Oui (L. 271-1 CCH)
Conseil juridique du rédacteurNon automatiqueDevoir de conseil du notaire
Responsabilité en cas de viceAucune assurance pro automatiqueRC pro du notaire engagée
Enregistrement aux impôtsNon obligatoire pour le compromisNon obligatoire pour le compromis
Dépôt de garantie sécuriséCompte CARPA (avocat) ou agentSéquestre notaire (CARPA notaires)

Différence clé n°1 — La force probante

Un acte authentique a une force probante absolue : les énonciations du notaire (date, identité des parties, présence) font foi jusqu'à inscription de faux (procédure très lourde et rare). Un acte sous seing privé a une force probante relative : il fait foi jusqu'à preuve du contraire — autrement dit, l'autre partie peut le contester avec des preuves opposées.

Différence clé n°2 — La force exécutoire

L'acte authentique a la formule exécutoire : il peut être directement exécuté par un huissier sans passage par le juge. Un compromis SSP qui n'est pas honoré nécessite, lui, une action en justice préalable (référé ou procédure au fond) pour obtenir un titre exécutoire. Cela représente plusieurs mois de procédure et 3 000-8 000 € de frais d'avocat selon la complexité.

Différence clé n°3 — Le devoir de conseil

Le notaire est tenu à un devoir de conseil renforcé : il doit attirer l'attention des parties sur les conséquences juridiques de l'acte, vérifier l'origine de propriété, signaler les servitudes, etc. Sa responsabilité civile professionnelle peut être engagée en cas de manquement. Un compromis SSP, lui, ne bénéficie pas automatiquement de cette protection — sauf si vous le faites relire par un professionnel du droit.

Les 5 risques principaux du compromis sous seing privé (et comment les couvrir)

Choisir le compromis de vente sous seing privé peut faire gagner du temps et de l'argent, mais expose à cinq risques juridiques majeurs qu'il faut anticiper. Voici les contre-mesures concrètes pour chacun.

Risque 1 — Erreur ou omission dans les mentions obligatoires

Un compromis incomplet peut être contesté ou requalifié par le juge. Les oublis les plus fréquents : absence de mention du droit de rétractation (sanction administrative jusqu'à 15 000 €), conditions suspensives imprécises (refus de prêt non chiffré), désignation cadastrale incomplète.

Contre-mesure :

  • Utiliser un modèle juridiquement validé et exhaustif.
  • Faire relire l'acte par un notaire (100-300 €) ou un avocat avant signature.
  • Vérifier point par point la liste des mentions obligatoires.

Risque 2 — Dépôt de garantie versé directement au vendeur

L'erreur fréquente : verser les 5 à 10 % de dépôt de garantie directement sur le compte du vendeur, ou en chèque libre. Si la vente capote (refus de prêt, vice caché), récupérer cet argent peut prendre des mois.

Contre-mesure :

  • Toujours séquestrer le dépôt de garantie chez un tiers de confiance : notaire (compte CARPA notaires), avocat (CARPA avocats) ou agent immobilier (compte tiers garanti).
  • Préciser dans le compromis le sort exact des fonds en cas d'échec de la vente.
  • Ne jamais verser directement au vendeur sans mécanisme de blocage.

Risque 3 — Vice du consentement non détecté

L'article 1130 du Code civil protège contre l'erreur, le dol et la violence. Mais ces vices sont parfois difficiles à identifier sans expertise : un acheteur peut signer en croyant que le bien est constructible alors qu'il ne l'est plus, ou qu'il n'y a pas de servitude alors qu'une servitude de passage existe.

Contre-mesure :

  • Vérifier l'urbanisme en mairie avant signature (PLU, certificat d'urbanisme, projets de zonage).
  • Demander le titre de propriété complet au vendeur, qui mentionne les servitudes.
  • Exiger l'annexion du dossier de diagnostic technique (DDT) complet — c'est légalement obligatoire.

Risque 4 — Mauvaise gestion des conditions suspensives

Les conditions suspensives sont la principale protection de l'acheteur (notamment pour le prêt). Mal rédigées, elles peuvent être inopérantes ou se retourner contre vous : par exemple, une clause de prêt sans montant chiffré peut être jugée non écrite par un juge.

Contre-mesure :

  • Chiffrer précisément la condition suspensive de prêt : montant maximum, durée maximum, taux maximum, délai d'obtention.
  • Prévoir d'autres conditions utiles : absence de préemption urbaine, conformité des diagnostics, état hypothécaire libre.
  • Préciser la preuve de défaillance attendue (refus écrit de banque, courrier de la mairie).

Risque 5 — Difficulté à faire exécuter en cas de défaillance

Si le vendeur ou l'acheteur refuse de signer l'acte authentique malgré la levée des conditions suspensives, le compromis SSP ne permet pas une exécution immédiate. Il faut passer par le tribunal pour obtenir un jugement valant acte de vente.

Contre-mesure :

  • Insérer une clause pénale claire (10 % du prix dû en cas de non-signature sans cause légitime).
  • Prévoir le recours à un médiateur immobilier avant action judiciaire (gain de temps).
  • Si l'enjeu est important (transaction > 300 000 €), préférer l'acte authentique dès le départ.

Quand opter pour un compromis de vente sous seing privé ? Arbre de décision

Le choix entre un compromis de vente sous seing privé et un acte authentique notarié dépend de votre situation. Voici un arbre de décision en 3 questions pour trancher rapidement.

Question 1 — Le prix de vente dépasse-t-il 300 000 € ?

  • Oui → privilégier l'acte authentique dès le compromis. L'enjeu financier justifie la sécurité juridique renforcée du notaire (force probante, exécution forcée, RC pro).
  • Non → poursuivre à la question 2.

Question 2 — Le bien comporte-t-il une complexité juridique ?

Cas typiques de complexité :

  • Indivision conflictuelle (héritiers en désaccord).
  • Succession non liquidée au moment de la vente.
  • Copropriété en difficulté ou en travaux importants.
  • Servitudes complexes (passage, vue, mitoyenneté).
  • Vente d'une SCI familiale, démembrement (usufruit / nue-propriété).
  • Acquéreur ou vendeur résidant à l'étranger.

Si au moins un de ces cas s'applique, mieux vaut passer directement par un acte authentique. Sinon, poursuivre à la question 3.

Question 3 — L'acheteur primo-accédant a-t-il besoin d'un fort accompagnement ?

  • Oui → privilégier la signature chez le notaire qui pourra expliquer chaque clause et engager sa responsabilité.
  • Non (acheteur expérimenté, transaction simple, agent immobilier compétent) → le compromis SSP est tout à fait adapté.

Cas idéaux pour un compromis SSP

Le compromis sous seing privé est parfaitement adapté dans les situations suivantes :

  • Vente entre particuliers décidés, sur un bien simple (appartement standard, maison de ville).
  • Prix de vente entre 50 000 € et 300 000 € (la majorité des transactions résidentielles).
  • Vente via un agent immobilier qui rédige le compromis SSP en agence et sécurise le séquestre.
  • Vente urgente (calendrier serré pour cause de mutation, naissance, divorce).
  • Volonté d'éviter les frais d'avant-contrat du notaire (150-400 € de provision).

Quand le compromis SSP est risqué

Évitez le SSP — et passez d'emblée par l'acte authentique — dans ces cas :

  • Bien d'une valeur supérieure à 500 000 €.
  • Bien acquis en démembrement (usufruit / nue-propriété).
  • Vente impliquant des travaux à effectuer avant la signature de l'acte définitif.
  • Acquéreur étranger ou résidence fiscale hors France.
  • Acte de partage successoral combiné à la vente.

Le rôle de l'agent immobilier dans un compromis sous seing privé

Quand un compromis de vente sous seing privé est signé via un agent immobilier (en agence), le mandataire joue un rôle juridique et opérationnel précis qu'il faut bien comprendre — notamment pour sécuriser le dépôt de garantie.

Rôle 1 — Rédacteur du compromis

L'agent immobilier est habilité à rédiger un compromis sous seing privé (article 1 de la loi Hoguet du 2 janvier 1970) à condition d'être titulaire de la carte professionnelle T (transaction). Cette habilitation est limitée à la rédaction — il ne peut pas authentifier l'acte ni en garantir la force exécutoire.

En pratique, les agences utilisent des modèles validés par leur réseau (Century 21, Orpi, Stéphane Plaza, FNAIM…) qui couvrent les mentions obligatoires.

Rôle 2 — Séquestre du dépôt de garantie

L'agent immobilier titulaire d'une garantie financière (obligatoire pour exercer) peut séquestrer le dépôt de garantie sur un compte tiers professionnel jusqu'à la signature de l'acte authentique. Cette garantie financière protège l'acheteur en cas de défaillance de l'agence (faillite, détournement).

Vérifiez impérativement avant de verser quoi que ce soit :

  • Le numéro de carte professionnelle T de l'agent (sur tous les documents, obligatoirement).
  • Le nom du garant financier (banque ou compagnie d'assurance) et le montant de la garantie.
  • Le compte tiers professionnel sur lequel sera versé le dépôt (compte séparé, non confondu avec les fonds propres de l'agence).

Rôle 3 — Conseil et accompagnement

Bien que la loi ne lui impose pas un devoir de conseil aussi strict que celui d'un notaire, l'agent immobilier est tenu à un devoir d'information renforcé envers ses clients (jurisprudence constante de la Cour de cassation). En pratique, il doit :

  • Vérifier la capacité juridique des parties à vendre/acheter.
  • Recueillir les diagnostics techniques et les annexer au compromis.
  • Informer l'acquéreur sur l'urbanisme, les servitudes connues et les charges de copropriété.
  • Faire respecter le délai de rétractation de 10 jours par notification LRAR.

Compromis SSP via agent vs sans agent : tableau comparatif

Critère Compromis SSP via agent Compromis SSP entre particuliers
Coût de rédactionInclus dans honoraires d'agenceGratuit (modèle libre)
Séquestre du dépôtCompte tiers de l'agenceNotaire ou avocat (CARPA)
Devoir de conseilDevoir d'informationAucun automatique
Assurance en cas de litigeGarantie financière + RC proAucune
Recommandé pourPrimo-accédants, biens complexesVente simple entre proches

Mentions obligatoires d'un compromis sous seing privé valable

Pour qu'un compromis de vente sous seing privé soit juridiquement valable et opposable, il doit contenir un ensemble de mentions obligatoires. Voici la liste complète à vérifier point par point avant signature.

Identification des parties

  • Vendeur (promettant) : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse complète, situation matrimoniale (régime).
  • Acheteur (bénéficiaire) : mêmes informations.
  • En cas d'indivision : tous les indivisaires doivent être identifiés et signataires.
  • En cas de SCI : dénomination, RCS, siège social, identité du gérant signataire.

Désignation précise du bien

  • Adresse complète (rue, code postal, commune).
  • Références cadastrales (section, parcelle, numéro de lot pour copropriété).
  • Superficie (loi Carrez en copropriété, superficie totale sinon).
  • Nature (appartement, maison, terrain, etc.) et nombre de pièces.
  • Dépendances (cave, parking, garage).
  • Origine de propriété (acte d'acquisition précédent).

Prix et modalités de paiement

  • Prix en lettres ET en chiffres.
  • Mention « net vendeur » ou « FAI » (frais d'agence inclus).
  • Mode de financement de l'acheteur (apport, prêt immobilier).
  • Montant et destination du dépôt de garantie (5-10 % du prix).

Conditions suspensives

Au minimum :

  • Obtention d'un prêt immobilier avec montant, durée et taux maximum chiffrés.
  • Absence d'exercice du droit de préemption par la commune.
  • Conformité des diagnostics techniques annexés.
  • État hypothécaire libre (absence d'hypothèque > prix de vente).

Mention obligatoire du droit de rétractation

L'article L. 271-1 du CCH impose la mention en caractères très apparents du délai de rétractation de 10 jours dont bénéficie l'acquéreur non professionnel. Son omission expose à une amende administrative jusqu'à 15 000 €.

Documents à annexer obligatoirement

  • Dossier de diagnostic technique (DDT) : DPE, amiante, plomb, termites, ERP, gaz, électricité, assainissement non collectif, mérule selon les zones.
  • Si copropriété : règlement de copropriété, 3 derniers PV d'AG, carnet d'entretien, état daté.
  • Pièces d'identité des parties.
  • Titre de propriété du vendeur (ou origine de propriété).

Date butoir de signature de l'acte authentique

Le compromis doit préciser la date limite à laquelle l'acte authentique de vente sera signé chez le notaire — généralement 3 mois après la signature du compromis. Cette date est essentielle car son dépassement peut déclencher la caducité du compromis.

Clause pénale

Recommandée mais pas obligatoire : la clause pénale prévoit qu'en cas de non-respect du compromis par l'une des parties, l'autre partie peut conserver le dépôt de garantie (ou obtenir des dommages-intérêts équivalents). Elle est généralement fixée à 10 % du prix de vente.

Délai de rétractation et conditions suspensives en sous seing privé

Deux mécanismes protègent l'acquéreur dans un compromis de vente sous seing privé : le délai de rétractation de 10 jours (protection légale) et les conditions suspensives (protection contractuelle). Ils fonctionnent en cascade et de manière complémentaire.

Délai de rétractation de 10 jours — règle d'ordre public

Conformément à l'article L. 271-1 du Code de la construction et de l'habitation, l'acheteur non professionnel d'un bien immobilier d'habitation dispose d'un délai de rétractation de 10 jours calendaires à compter du lendemain de la première présentation de la notification du compromis signé.

Caractéristiques :

  • Sans motif : l'acheteur peut renoncer pour n'importe quelle raison, ou même sans raison.
  • Sans pénalité : le dépôt de garantie doit être restitué intégralement dans les 21 jours.
  • Ordre public : impossible d'y renoncer dans le contrat, toute clause contraire est nulle.
  • Concerne uniquement l'acheteur non professionnel d'un logement (résidence principale ou secondaire).

La notification du compromis doit être envoyée à l'acheteur par lettre recommandée avec accusé de réception, ou remise en main propre contre récépissé daté et signé. Le compromis lui-même doit mentionner le délai en caractères très apparents.

Cas particulier : le délai dans la pratique

Exemple concret : si le compromis SSP est signé le lundi 1er juin 2026 en agence et notifié par LRAR le jeudi 4 juin (première présentation), le délai court à partir du vendredi 5 juin et se termine le dimanche 14 juin à minuit. Comme c'est un dimanche, le délai est prolongé jusqu'au lundi 15 juin.

Pour les détails de la rétractation après les 10 jours, consultez notre guide dédié.

Conditions suspensives — protection contractuelle

Une fois le délai de rétractation passé, l'acheteur reste protégé par les conditions suspensives insérées dans le compromis. Les plus courantes :

Condition suspensive Délai typique Preuve de défaillance
Obtention d'un prêt immobilier45 à 60 jours2 refus écrits de banques
Absence de préemption urbaine2 moisCourrier mairie ou silence > 2 mois
Conformité des diagnosticsÀ la signatureRapport diagnostiqueur
État hypothécaire libreAvant signature acte authentiqueCertificat de la publicité foncière
Obtention permis de construire3 à 6 moisRefus écrit de la mairie

Effet de la non-réalisation d'une condition suspensive

Si une condition suspensive n'est pas levée dans les délais :

  • Le compromis devient caduc de plein droit.
  • Le dépôt de garantie est restitué intégralement à l'acheteur.
  • Aucune indemnité ni pénalité n'est due de part et d'autre.

L'acheteur doit toutefois justifier de la défaillance par les preuves attendues (refus de banque écrit, courrier mairie, etc.). Sans ces preuves, le vendeur peut contester la caducité et exiger le maintien du compromis.

Force probante et valeur de preuve en cas de litige

L'une des questions les plus pratiques quand on signe un compromis de vente sous seing privé est : « Que se passe-t-il en cas de litige ? » La réponse dépend largement de la force probante de l'acte, qui est moindre que celle d'un acte authentique.

Force probante d'un compromis SSP : foi jusqu'à preuve du contraire

Selon l'article 1372 du Code civil, un acte sous seing privé fait foi entre les parties :

  • De son contenu (les engagements pris).
  • De sa date — mais seulement à condition d'être enregistré ou d'avoir date certaine par d'autres moyens (cachet de la poste, signature électronique qualifiée).
  • Des signatures apposées — sauf en cas de désaveu d'écriture.

Concrètement : jusqu'à preuve du contraire, le compromis SSP est juridiquement valable. Mais si l'une des parties conteste son contenu, sa date ou la signature, c'est à la partie qui se prévaut de l'acte de fournir des preuves complémentaires.

Comparaison avec l'acte authentique

L'acte authentique bénéficie d'une force probante absolue :

  • La date est certaine (apposée par le notaire).
  • Les énonciations du notaire (présence des parties, identité, capacité) font foi jusqu'à inscription de faux — procédure pénale très lourde, jamais utilisée dans les ventes immobilières classiques.
  • Le notaire engage sa responsabilité civile professionnelle en cas d'erreur.

Litiges typiques sur un compromis SSP et leurs issues

Contestation de la signature

Si une partie nie avoir signé le compromis, on procède à une vérification d'écriture par un expert graphologue désigné par le juge. Coût : 1 500-3 500 €. Délai : 4-8 mois.

Contestation de la date

Si la date du compromis est contestée et qu'aucune date certaine n'a été établie (enregistrement, signature électronique), c'est à celui qui se prévaut de la date de la prouver par tous moyens (témoins, e-mails datés, mentions périphériques). Un compromis non daté est plus fragile qu'un compromis daté.

Vice du consentement

Si une partie invoque une erreur, un dol ou une violence (articles 1130 à 1144 du Code civil), elle doit le prouver. La charge de la preuve repose sur celui qui se plaint. Délai d'action : 5 ans à compter de la découverte du vice.

Refus de signer l'acte authentique

Si une partie refuse de signer l'acte authentique malgré la levée des conditions suspensives, l'autre partie peut :

  • Faire constater par huissier le refus à la date prévue.
  • Saisir le tribunal judiciaire en référé pour ordonner la signature ou allouer des dommages-intérêts.
  • Obtenir un jugement valant acte de vente qui sera publié au service de la publicité foncière (article 1124 du Code civil).

Durée moyenne de la procédure : 12 à 24 mois. Coût : 3 000 à 8 000 € de frais d'avocat selon la complexité. La clause pénale (10 % du prix) sert souvent de base à la condamnation.

Astuce pratique : enregistrer le compromis pour donner date certaine

Bien que ce ne soit pas obligatoire pour la validité du compromis SSP, vous pouvez l'enregistrer aux impôts (Service des Impôts des Entreprises) moyennant 125 € (depuis 2009). Cela donne une date certaine opposable aux tiers et renforce considérablement la valeur probante de l'acte. Recommandé sur les transactions à fort enjeu (> 300 000 €).

Checklist avant de signer un compromis de vente sous seing privé

Avant d'apposer votre signature sur un compromis de vente sous seing privé, parcourez cette checklist en 14 points. Si l'un des items est manquant ou flou, ne signez pas tant que l'élément n'est pas corrigé ou clarifié.

Côté vendeur (à fournir)

  1. Titre de propriété (acte authentique d'acquisition précédent).
  2. Dossier de diagnostic technique (DDT) complet et à jour.
  3. Documents de copropriété si applicable (règlement, 3 derniers PV d'AG, carnet d'entretien, état daté).
  4. Mainlevée d'hypothèque ou information précise sur l'inscription en cours.
  5. Mandat de vente signé si l'agent immobilier intervient.

Côté acheteur (à préparer)

  1. Pièce d'identité en cours de validité (CNI, passeport).
  2. Justificatif de financement (attestation de fonds, lettre d'intention de prêt).
  3. RIB pour les éventuels remboursements futurs.
  4. Coordonnées de votre notaire (si différent de celui du vendeur).

Contenu du compromis

  1. Identification précise des parties (nom, naissance, adresse, situation matrimoniale).
  2. Désignation détaillée du bien avec cadastre, loi Carrez si copropriété.
  3. Prix en lettres et en chiffres, modalités de paiement.
  4. Dépôt de garantie chiffré, séquestre identifié (notaire / avocat / agent immobilier).
  5. Conditions suspensives précises (prêt chiffré, préemption, diagnostics, hypothèque).
  6. Mention du droit de rétractation de 10 jours en caractères très apparents.
  7. Clause pénale (généralement 10 % du prix).
  8. Date butoir de signature de l'acte authentique (généralement 3 mois après).

Après la signature

  1. Notification du compromis à l'acheteur par LRAR ou remise en main propre datée.
  2. Conservation des originaux par chaque partie (autant d'exemplaires que de signataires + 1 pour le séquestre).
  3. Versement du dépôt de garantie sur le compte séquestre (jamais directement au vendeur).
  4. Demande de prêt déposée auprès de plusieurs banques dans la foulée.
  5. Information de la mairie (déclaration d'intention d'aliéner) pour purge du droit de préemption.

Comparer le compromis SSP avec les autres avant-contrats

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