Le prêt relais, c'est quoi ?

Le prêt relais est un crédit immobilier de courte durée qui permet d'acheter un nouveau bien avant d'avoir vendu l'ancien. La banque vous avance une partie de la valeur du logement que vous mettez en vente ; vous remboursez ce capital en une seule fois, le jour de la vente.

Il répond à une situation très fréquente : vous avez trouvé la maison idéale, mais votre bien actuel n'est pas encore vendu. Sans prêt relais, il faudrait vendre d'abord puis chercher, au risque de se retrouver sans logement entre les deux. Le prêt relais fait le « pont » (d'où son nom) entre les deux opérations.

Comment ça marche, concrètement

  • La banque estime votre bien à vendre et vous prête une fraction de sa valeur (souvent 70 %).
  • Cette avance finance tout ou partie de votre nouvel achat.
  • Pendant la durée du relais, vous ne remboursez que les intérêts (ou rien du tout en franchise totale).
  • Dès que l'ancien bien est vendu, le capital est remboursé avec le produit de la vente, sans pénalité.

Avant de vous lancer, posez-vous la vraie question de l'opportunité de vendre : notre guide faut-il vendre son logement maintenant aide à trancher.

Les 3 types de prêt relais

Selon le prix de votre nouvel achat par rapport à la valeur de votre bien à vendre, la banque vous orientera vers l'une de ces trois formules.

  • Le prêt relais sec : le produit de la vente suffit à couvrir le nouvel achat. Vous n'avez besoin que de l'avance relais, sans crédit complémentaire. C'est le cas le plus simple, fréquent quand on achète moins cher (changement de région, retraite).
  • Le prêt relais adossé (ou associé) : le nouveau bien coûte plus cher que l'ancien. Le prêt relais est alors complété par un prêt immobilier amortissable classique pour financer la différence. C'est la configuration la plus courante.
  • Le prêt relais avec franchise totale : une variante de remboursement (voir plus bas) qui permet de ne rien payer avant la vente, les intérêts étant capitalisés.

Le choix dépend de votre apport, du marché local et de votre capacité à supporter deux crédits en parallèle pendant la phase relais.

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Calcul du montant : combien la banque prête-t-elle ?

Le montant d'un prêt relais correspond à une quotité de la valeur estimée de votre bien à vendre. En 2026, les banques prêtent généralement entre 50 % et 80 %, le plus souvent autour de 70 %. Cette marge de sécurité couvre le risque d'une vente à un prix inférieur à l'estimation.

La formule

Montant du prêt relais = (Valeur estimée du bien × quotité) − Capital restant dû (CRD)

Si un crédit court encore sur votre bien actuel, la banque déduit le capital restant dû : le prêt relais ne porte que sur la part de valeur réellement disponible.

Exemple de calcul

Prenons un bien estimé 250 000 €, avec une quotité de 70 % :

  • Avance brute : 250 000 × 70 % = 175 000 €
  • Si un crédit en cours laisse un CRD de 30 000 € : 175 000 − 30 000 = 145 000 € de prêt relais net

À la vente, le produit (par exemple 250 000 €) rembourse d'abord le CRD et le prêt relais ; le solde éventuel reste pour vous. Une estimation juste est donc déterminante : voir notre guide pour estimer sa maison au bon prix. Attention aussi au respect du taux d'endettement maximal de 35 % (règle HCSF), apprécié sur l'ensemble de vos crédits pendant la phase relais.

Taux et coût d'un prêt relais en 2026

En 2026, le taux d'un prêt relais se situe entre 3,40 % et 4,20 % selon votre profil, la qualité du bien à vendre et la banque, pour une moyenne autour de 3,70 à 4,0 %. C'est généralement 0,20 à 0,80 point au-dessus d'un crédit immobilier amortissable classique : la banque rémunère le risque de ne pas vendre.

Le taux d'usure spécifique

La Banque de France publie une catégorie d'usure dédiée aux prêts relais, distincte des prêts amortissables. Au 2e trimestre 2026, le taux d'usure prêt relais est de 6,20 % (6,15 % au T1). Au-delà de ce seuil, le crédit est juridiquement non finançable.

Combien coûte un prêt relais par mois ?

En franchise partielle, vous ne payez que les intérêts mensuels (plus l'assurance). Reprenons l'avance de 175 000 € à 3,80 % :

  • Intérêts mensuels ≈ 175 000 × 3,80 % ÷ 12 = ≈ 554 €/mois
  • Coût total sur 12 mois : ≈ 6 650 €
  • Coût total sur 18 mois : ≈ 9 975 € (+50 %)

Le coût grimpe vite avec la durée : plus la vente traîne, plus la facture s'alourdit. Bon à savoir : le remboursement du capital à la vente n'entraîne aucune indemnité de remboursement anticipé (le prêt relais est conçu pour cela).

Franchise totale ou partielle : que choisir ?

Le prêt relais se rembourse selon deux modalités, qui changent fortement le coût final.

CritèreFranchise partielleFranchise totale
MensualitéIntérêts seuls (+ assurance)0 € pendant le relais
CapitalRemboursé à la venteRemboursé à la vente
IntérêtsPayés chaque moisCapitalisés (intérêts sur intérêts)
Coût totalPlus faiblePlus élevé (et croît vite)
Pour qui ?Trésorerie disponibleTrésorerie tendue le temps de la vente

La franchise totale soulage la trésorerie (aucune mensualité), mais les intérêts capitalisés produisent eux-mêmes des intérêts : sur une vente qui s'éternise, l'addition devient nettement plus salée. Si vous le pouvez, la franchise partielle est généralement plus économique.

Exemple complet : simulation d'un prêt relais

Rien ne vaut un cas concret pour comprendre. Voici une simulation de prêt relais adossé, la configuration la plus fréquente : on vend un bien et on en achète un plus cher.

La situation

  • Bien actuel estimé à 250 000 €, avec un crédit en cours (CRD) de 30 000 €.
  • Nouveau bien à acheter : 320 000 € (hors frais de notaire).
  • Quotité accordée par la banque : 70 %. Taux relais : 3,80 %, franchise partielle.

Le montage

  • Prêt relais : 250 000 × 70 % = 175 000 €, moins 30 000 € de CRD = 145 000 €.
  • Apport / prêt amortissable complémentaire : 320 000 − 145 000 = 175 000 € à financer (par apport et/ou crédit classique sur 20-25 ans).

Le coût de la phase relais

  • Intérêts du relais : 145 000 × 3,80 % ÷ 12 ≈ 459 €/mois.
  • Si la vente intervient au bout de 8 mois : coût ≈ 3 670 €.
  • Si elle traîne jusqu'à 18 mois : coût ≈ 8 260 €.

Le dénouement

Le bien se vend finalement 240 000 € (un peu sous l'estimation). Chez le notaire, le produit rembourse d'abord le CRD (30 000 €) puis le prêt relais (145 000 €). Il reste 65 000 €, que vous pouvez injecter pour réduire votre prêt amortissable. Moralité : une estimation prudente (ici 250 000 € pour une vente à 240 000 €) évite les mauvaises surprises. Pour affiner votre prix de départ, fiez-vous à une estimation sérieuse plutôt qu'au prix espéré.

Durée et remboursement : 24 mois maximum

Un prêt relais est accordé pour 12 mois, renouvelable une fois : vous disposez donc de 24 mois maximum pour vendre. Au-delà, la banque peut exiger le remboursement intégral ou la transformation en prêt amortissable classique.

Le remboursement intervient automatiquement à la signature de l'acte de vente de l'ancien bien : le notaire affecte le produit de la vente au remboursement du prêt relais (et du CRD éventuel). Si le bien se vend plus cher que prévu, le surplus vous revient ; s'il se vend moins cher, vous devez combler la différence.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, l'objectif est clair : vendre vite et bien. Nos guides pour vendre sa maison rapidement et anticiper les frais de vente côté vendeur vous y aideront.

Le prêt relais senior

Le prêt relais senior s'adresse aux propriétaires plus âgés qui souhaitent, par exemple, acheter un logement plus adapté (plain-pied, proche des commodités) avant de vendre leur maison. Le principe est identique, mais quelques points méritent attention :

  • L'assurance emprunteur peut être plus coûteuse ou comporter des exclusions au-delà d'un certain âge. Certaines banques l'allègent pour un relais court, voire acceptent une délégation d'assurance.
  • La banque examine surtout la valeur et la liquidité du bien à vendre : un bien facile à revendre rassure davantage que le seul profil de revenus.
  • Le prêt relais sec est fréquent chez les seniors qui achètent moins cher que la valeur de leur bien actuel.

Un courtier permet d'identifier les établissements les plus souples sur l'âge et l'assurance.

Les risques à connaître avant de signer

Le prêt relais est un outil efficace, mais il comporte un risque central : ne pas vendre dans le délai imparti. Les principaux écueils :

  • La vente ne se conclut pas en 24 mois : vous devez alors brader le bien, négocier une prorogation coûteuse, ou racheter le relais en prêt amortissable (mensualités qui s'ajoutent).
  • Le bien est surestimé au départ : l'avance de 70 % a été calculée sur un prix trop optimiste, et la vente réelle ne couvre pas le prêt.
  • Le double engagement : pendant la phase relais, vous portez à la fois le relais et, le cas échéant, le nouveau prêt amortissable — d'où l'importance du plafond d'endettement.

En 2026, après la correction des prix de 2023-2024 suivie d'une stabilisation, les banques sont plus prudentes : quotités mesurées et, souvent, exigence d'un mandat exclusif de vente pour sécuriser l'opération. La meilleure protection reste un prix de vente réaliste dès le départ.

Quelles alternatives au prêt relais ?

Le prêt relais n'est pas la seule solution pour enchaîner deux opérations. Selon votre situation, d'autres solutions que le prêt relais peuvent être plus sûres ou moins coûteuses :

  • Vendre avant d'acheter : la solution la plus sûre. Vous connaissez votre budget exact et négociez sans pression. L'inconvénient : il faut parfois une solution de logement transitoire (location courte, hébergement).
  • Le prêt achat-revente : proposé par certaines banques, il regroupe l'ancien crédit, le relais et le nouveau prêt en une seule mensualité lissée, avec rachat du capital à la vente. Plus simple à gérer mais pas toujours moins cher.
  • L'offre d'achat avec condition suspensive de vente : vous achetez en conditionnant la vente à la cession de votre bien actuel. Peu de vendeurs l'acceptent en marché tendu, mais c'est une option sans crédit relais.
  • La location temporaire de votre bien : si vous n'êtes pas pressé de vendre, louer peut financer une partie de votre nouveau logement, le temps que le marché soit favorable.

Le bon arbitrage dépend de l'état du marché local et de votre tolérance au risque : un bien très demandé se vend vite (le relais est alors confortable), un bien atypique gagne à être vendu avant d'acheter.

À lire aussi : le prêt achat-revente — l'alternative qui regroupe ancien et nouveau crédit en une seule mensualité, idéale si vous remboursez encore un prêt.

Bien négocier : banque, courtier et dossier

Il n'existe pas de « meilleure banque pour le prêt relais » universelle : les conditions varient selon le profil et le bien. Quelques leviers pour obtenir les meilleures conditions :

  • Faire jouer la concurrence ou passer par un courtier : il connaît les banques les plus souples sur la quotité, l'âge ou l'assurance.
  • Soigner l'estimation du bien à vendre : une estimation prudente et documentée rassure la banque et limite le risque d'invendu.
  • Privilégier la franchise partielle si votre trésorerie le permet, pour éviter la capitalisation des intérêts.
  • Négocier la modularité : possibilité de rembourser par anticipation dès la vente, sans frais, et conditions de prorogation.
  • Présenter un dossier de vente solide (mandat, diagnostics, photos) qui prouve que le bien partira vite.

Avant tout, fixez un prix de vente réaliste : c'est la variable qui conditionne le succès — et le coût — de toute l'opération. Obtenez une première estimation gratuite de votre bien sur Qoridor pour partir sur des bases solides.