Combien donner pour les étrennes en 2026 ?

Il n'existe aucun barème légal des étrennes. Aucun texte ne fixe de montant, et aucun ne rend le geste obligatoire : les étrennes sont un présent, libre dans son principe comme dans son montant. Les fourchettes qui circulent sont des usages constatés, pas des règles, et elles varient fortement selon la ville, la taille de l'immeuble et le service réellement rendu.

Les montants couramment pratiqués se répartissent ainsi :

BénéficiaireUsage constatéForme habituelle
Gardien ou concierge d'immeuble20 à 50 € par logementEnveloppe remise en main propre, parfois collecte groupée
Femme ou homme de ménage employé à domicileL'équivalent d'une à deux prestationsPrime, hors bulletin de salaire si c'est un présent
Facteur5 à 15 €Achat du calendrier
Sapeurs-pompiers5 à 15 €Achat du calendrier, au profit de l'amicale
Agents d'entretien d'une résidence10 à 30 €Enveloppe ou collecte

Trois repères utiles pour se décider sans se tromper :

  • Le service rendu prime sur la tradition. Un gardien qui monte les poubelles, réceptionne les colis et surveille les accès ne se remercie pas comme un employé qui passe deux heures par semaine.
  • La taille de la copropriété compte. Dans un immeuble de 60 lots, 20 € par logement représentent déjà un montant considérable pour le gardien ; dans une copropriété de 8 lots, la même somme unitaire ne pèse presque rien.
  • Un montant disproportionné change de nature juridique. Au-delà d'un certain niveau, le geste cesse d'être un présent d'usage pour devenir une libéralité, avec les conséquences fiscales décrites plus bas.

À qui donne-t-on des étrennes, et à qui on ne doit rien

La coutume vise les personnes qui rendent un service régulier et de proximité tout au long de l'année. En pratique, trois cercles se distinguent nettement, et seul le premier relève vraiment de l'usage.

Les bénéficiaires habituels

  • Le gardien, le concierge ou l'employé d'immeuble — le cas le plus fréquent en habitat collectif, traité en détail dans la section suivante.
  • Les personnes employées à domicile : aide ménagère, garde d'enfants, aide à domicile. Lorsqu'elles sont déclarées via le chèque emploi service universel, la prime versée par l'employeur particulier suit le régime du salaire ; une enveloppe offerte à titre personnel reste un présent.
  • Le facteur et les sapeurs-pompiers, par l'achat de leur calendrier.

Les démarchages à vérifier

La période est propice aux démarchages abusifs. Deux règles simples :

  • Les éboueurs et les agents de collecte des déchets n'ont, dans la plupart des communes, aucune autorisation de démarcher : la collecte est assurée par un prestataire ou une régie, et les visites à domicile sont souvent le fait de tiers. En cas de doute, la mairie renseigne.
  • Aucun professionnel ne peut exiger des étrennes, ni les présenter comme dues. Un démarcheur qui insiste, refuse de justifier son identité ou réclame un montant précis sort de l'usage.

Ceux à qui l'on ne doit rien

Le syndic professionnel, l'agence immobilière qui gère le bien et les prestataires de la copropriété (ascensoriste, entreprise de nettoyage) sont rémunérés par contrat. Leur verser des étrennes n'a aucun fondement : leurs honoraires sont votés en assemblée générale et répartis selon les tantièmes.

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Étrennes du gardien d'immeuble : ce que la copropriété change

C'est le cas le plus courant, et le plus mal compris. La confusion vient d'un point simple : le gardien n'est pas employé par les résidents qui lui remettent une enveloppe. Il est salarié du syndicat des copropriétaires — ou du bailleur, dans un immeuble locatif détenu par un propriétaire unique.

Sa rémunération est déjà une charge, et vous la payez

Le salaire du gardien figure au budget de la copropriété et vous est appelé avec les autres appels de fonds. Si vous êtes locataire, une partie vous est refacturée au titre des charges locatives récupérables, dans une proportion que le décret du 26 août 1987 fixe précisément selon les tâches que le gardien assure :

Tâches assurées selon le contrat de travailPart récupérable sur le locataire
Entretien des parties communes et élimination des rejets75 % de la rémunération et des charges sociales et fiscales
L'une ou l'autre seulement des deux tâches40 %

Le texte précise que ces taux restent acquis « y compris lorsqu'un tiers intervient pendant les repos hebdomadaires et les congés » ou en cas d'arrêt de travail : le remplacement ponctuel du gardien ne fait pas tomber la récupération.

Les étrennes, elles, ne sont pas une charge

Elles sont un geste individuel, facultatif et extérieur au contrat de travail. Elles ne transitent ni par le budget de la copropriété, ni par la fiche de paie établie par le syndic. C'est précisément ce qui les distingue d'une prime : une prime est décidée par l'employeur — le syndicat — et entre alors dans les charges ; une étrenne est offerte par un résident, à titre personnel.

Et si le conseil syndical organise une collecte ?

C'est fréquent, et parfaitement licite : rien n'interdit à des copropriétaires de se grouper pour remettre une enveloppe commune. Deux limites à connaître, toutefois :

  • La collecte ne peut pas transiter par le compte bancaire du syndicat. Ce compte reçoit les fonds de la copropriété, pas des dons privés destinés à un salarié.
  • Personne ne peut être contraint d'y participer, ni se voir réclamer une quote-part au prétexte qu'une assemblée l'aurait « décidée ». L'assemblée générale n'a pas compétence pour imposer une libéralité, et le règlement de copropriété ne peut pas davantage la prévoir.

Le syndic peut-il inscrire les étrennes dans les charges ?

Non. Et la démonstration tient en un constat vérifiable par n'importe qui : le mot « étrennes » n'apparaît nulle part dans le décret n° 87-713 du 26 août 1987, ni dans son article 2, ni dans son annexe. Le mot « gratification » non plus.

Ce silence est décisif parce que la liste de ce décret est limitative : seules les dépenses qu'il énumère peuvent être récupérées sur le locataire. Une dépense absente de la liste n'est pas récupérable, quelle que soit sa justification par ailleurs. L'article 2 va même plus loin pour le gardien, en excluant expressément du calcul certains éléments de sa rémunération — salaire en nature, intéressement, primes de départ à la retraite, indemnités de licenciement.

Ce que cela veut dire concrètement

  • Pour un locataire : une ligne « étrennes », « gratification du gardien » ou « cadeau de fin d'année » sur une régularisation de charges est contestable. Demandez la pièce justificative — le bailleur doit pouvoir rattacher chaque poste à une rubrique du décret.
  • Pour un copropriétaire : le syndic ne peut pas inscrire d'étrennes au budget prévisionnel. S'il veut récompenser le gardien sur les fonds de la copropriété, la voie correcte est une prime votée en assemblée générale, qui devient alors un élément de rémunération soumis aux cotisations — et non une enveloppe.
  • Pour un conseil syndical : organiser la collecte en dehors des comptes du syndicat n'est pas une précaution formelle, c'est la condition de sa régularité.

Cette nuance explique une situation courante : un gardien peut très bien recevoir une prime votée et des étrennes individuelles la même année. Les deux n'ont ni la même source, ni le même régime.

Faut-il déclarer les étrennes ? Le régime du présent d'usage

Pour celui qui donne, la réponse est non — à une condition de proportion. Les étrennes relèvent du présent d'usage, une notion que l'article 852 du Code civil traite explicitement : les « présents d'usage ne doivent pas être rapportés, sauf volonté contraire du disposant ».

Le même article pose le critère qui sert de garde-fou : « Le caractère de présent d'usage s'apprécie à la date où il est consenti et compte tenu de la fortune du disposant. » Autrement dit, la qualification ne dépend pas d'un plafond chiffré mais d'un rapport : une enveloppe de 50 € est un présent d'usage pour à peu près tout le monde ; la même somme multipliée par cent ne l'est plus.

Présent d'usage ou don manuel ?

La distinction a des conséquences réelles :

Présent d'usageDon manuel
OccasionLiée à un événement ou à une coutume (nouvel an, fêtes)Sans occasion particulière
MontantProportionné aux moyens du donateurSans limite de principe
DéclarationAucuneÀ déclarer à l'administration fiscale
SuccessionNon rapportable (art. 852 C. civ.)Rapportable

Des étrennes versées dans les montants d'usage ne posent donc aucune question : ni déclaration, ni droits, ni réintégration ultérieure. Le sujet ne devient sensible que si le montant sort manifestement de l'ordinaire au regard des ressources de celui qui donne.

Côté bénéficiaire, le traitement dépend de sa situation personnelle et du lien qui l'unit à celui qui verse — un salarié de la copropriété, un travailleur indépendant et un employé déclaré au chèque emploi service ne sont pas dans la même position. Ce point relève d'un conseil individuel, et non d'une règle générale.

D'où vient la tradition des étrennes ?

Le mot vient du latin strenae, nom des présents que les Romains s'offraient aux calendes de janvier — à l'origine des branches cueillies dans un bois consacré à la déesse Strenia, puis des figues, du miel et des pièces. L'usage traverse les siècles sous des formes variables, s'attache au 1er janvier, et se déplace progressivement vers ceux qui rendent un service quotidien.

La forme moderne est un héritage du XIXe siècle urbain : le concierge, le facteur et le porteur d'eau sont alors les figures familières de l'immeuble parisien, et l'enveloppe de début d'année complète des rémunérations modestes. C'est de cette époque que date l'association durable entre les étrennes et le gardien d'immeuble, qui reste aujourd'hui le bénéficiaire le plus courant.

Un point mérite d'être noté : les étrennes n'ont jamais été une obligation juridique, à aucune période. Elles sont restées ce qu'elles étaient à Rome — un présent, dont la valeur tient précisément au fait qu'il n'est pas dû.