Révision du loyer : conditions, calcul IRL et lettre (2026)
Un an pour la demander, pas un jour de rétroactivité, et des logements désormais exclus : la révision du loyer est une mécanique de précision. Conditions, formule de calcul, modèle de lettre et pièges à éviter côté bailleur.
La révision du loyer en 30 secondes
La révision du loyer est l'augmentation annuelle que le bailleur peut appliquer en cours de bail, indexée sur l'IRL (indice de référence des loyers). Trois conditions cumulatives :
- Une clause de révision inscrite dans le bail — sans clause, le loyer reste fixe toute la durée du contrat ;
- Une fois par an maximum, à la date prévue au bail ou, à défaut, à la date anniversaire de sa signature ;
- Dans la limite de la variation de l'IRL sur un an (dernier indice : +1,15 % au T2 2026).
Le bailleur a un an pour demander la révision. Passé ce délai, elle est perdue pour l'année écoulée : elle ne se rattrape pas rétroactivement. Et deux catégories de logements sont exclues : les passoires classées F ou G (loyers gelés) et, en zone d'encadrement, tout loyer déjà au plafond.
Révision du loyer : les conditions légales (article 17-1)
La révision annuelle est encadrée par l'article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989. Elle n'est jamais automatique ni de droit : tout part du contrat.
- La clause de révision d'abord. Le bail doit prévoir expressément la révision et son indice. Un bail muet = loyer bloqué jusqu'au renouvellement. Vérifiez ce point avant de signer un bail de location nue — la clause figure dans tous les bons modèles.
- L'indice ensuite. Pour un logement d'habitation (nu ou meublé), l'indice légal est l'IRL publié chaque trimestre par l'INSEE. Le bail précise le trimestre de référence ; à défaut, c'est le dernier indice publié à la date de signature.
- La date enfin. La révision intervient chaque année à la date convenue dans le bail ou, à défaut, au jour anniversaire du contrat. Une seule révision par période de douze mois.
Le locataire ne peut pas refuser une révision conforme : c'est une application du contrat qu'il a signé. Mais il peut — et doit — vérifier le calcul, l'indice utilisé et la date.
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Comment calculer la révision : formule et exemple chiffré
La formule légale tient en une ligne :
Nouveau loyer = loyer actuel × (IRL du trimestre de référence de l'année N ÷ IRL du même trimestre de l'année N-1)
Exemple avec un loyer hors charges de 800 € et un bail indexé sur le 2e trimestre :
- IRL T2 2026 : 148,37 ; IRL T2 2025 : 146,68 ;
- Calcul : 800 € × (148,37 ÷ 146,68) = 800 € × 1,0115 ;
- Nouveau loyer : 809,22 €, soit +9,22 € par mois (+1,15 %).
Deux erreurs classiques à éviter : utiliser le dernier IRL publié au lieu du trimestre inscrit au bail, et appliquer la hausse au loyer charges comprises (la révision ne porte que sur le loyer hors charges). Pour aller plus vite, notre simulateur de révision de loyer (IRL, ILC, ILAT) fait le calcul en quelques secondes avec les indices INSEE à jour.
Quand réviser : date anniversaire, délai d'un an, non-rétroactivité
Depuis la loi ALUR de 2014, le calendrier est strict et joue contre le bailleur distrait :
- Le point de départ : la date de révision prévue au bail (ou la date anniversaire). C'est à partir de ce jour que le bailleur peut manifester sa volonté de réviser.
- Le délai : un an. Le bailleur qui ne demande rien pendant les douze mois suivant la date de révision est réputé avoir renoncé à la révision de cette année-là.
- Aucune rétroactivité. La révision demandée en cours d'année ne prend effet qu'au jour de la demande : un bailleur qui se réveille huit mois après la date anniversaire perd huit mois de majoration, définitivement.
Concrètement : un rappel annuel dans votre agenda à la date anniversaire du bail vaut de l'argent. Sur un loyer de 800 € révisé de +1,15 %, chaque mois de retard coûte 9,22 € non rattrapables.
La lettre de révision du loyer : contenu et modèle
Aucun formalisme n'est imposé (un courrier simple, un e-mail ou une mention sur la quittance suffisent), mais la lettre recommandée reste la voie la plus sûre pour dater la demande — c'est elle qui fixe le point de départ du nouveau loyer. Le courrier doit mentionner :
- la référence à la clause de révision du bail et à l'article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 ;
- l'ancien loyer hors charges, l'indice de référence (trimestre et valeurs N et N-1) ;
- le calcul détaillé et le nouveau montant ;
- la date d'effet (date de révision contractuelle ou date de la demande si elle est postérieure).
Modèle prêt à adapter :
« Madame, Monsieur, conformément à la clause de révision de votre contrat de location signé le [date] et à l'article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, votre loyer est révisé à compter du [date] selon la variation de l'indice de référence des loyers : [loyer actuel] € × (IRL [T] [année N] : [valeur] ÷ IRL [T] [année N-1] : [valeur]) = [nouveau loyer] €. Le loyer hors charges s'établit donc à [montant] € par mois. »
Les 3 cas où la révision du loyer est interdite
Trois verrous récents passent avant la clause du bail :
1. Les passoires thermiques F et G : loyers gelés
Depuis le 24 août 2022 (loi Climat et résilience), les logements classés F ou G au DPE ne peuvent plus voir leur loyer augmenter : ni révision IRL en cours de bail, ni hausse entre deux locataires, ni réévaluation au renouvellement. Le gel dure tant que le logement n'a pas atteint au moins la classe E.
2. Les zones d'encadrement : le plafond prime
À Paris, Lyon, Villeurbanne, Lille, Bordeaux, Montpellier et dans les autres territoires en encadrement des loyers, la révision IRL reste possible, mais le loyer révisé ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur. Si le loyer est déjà au plafond, la révision est neutralisée.
3. L'absence de clause — ou un logement non décent
Sans clause de révision, rien à faire jusqu'au renouvellement. Et un juge peut suspendre toute hausse sur un logement qui ne respecte pas les critères de décence : la révision suppose un bailleur à jour de ses propres obligations.
Augmenter le loyer hors révision annuelle : les 3 autres leviers
La révision IRL n'est pas le seul mécanisme d'augmentation — mais les autres sont plus encadrés :
- À la relocation : entre deux locataires, le loyer est en principe libre… sauf en zone tendue, où il est plafonné au loyer de l'ancien locataire (révisé IRL), hors travaux importants ou loyer manifestement sous-évalué.
- Après travaux d'amélioration : une clause ou un avenant peut prévoir une majoration (en zone tendue : 15 % du coût TTC des travaux par an, si travaux ≥ 50 % de la dernière année de loyer).
- Au renouvellement, si le loyer est manifestement sous-évalué (article 17-2) : le bailleur propose un nouveau loyer appuyé sur des références de logements comparables, au moins 6 mois avant le terme — procédure stricte, hausse lissée sur 3 ou 6 ans.
Avant d'activer l'un de ces leviers, encore faut-il savoir où se situe le bien par rapport au marché : notre estimation de loyer en ligne donne une fourchette locale en quelques minutes, et le guide mettre son logement en location reprend toute la mécanique de fixation du loyer.
FAQ
- Quand le propriétaire a-t-il le droit d'augmenter le loyer ?
-
En cours de bail, uniquement par la révision annuelle indexée sur l'IRL, si le contrat contient une clause de révision — une fois par an, à la date prévue au bail ou à la date anniversaire. Hors révision : à la relocation (plafonnée en zone tendue), après travaux d'amélioration, ou au renouvellement si le loyer est manifestement sous-évalué. Les logements classés F ou G au DPE sont exclus de toute hausse.
- Comment se calcule la révision d'un loyer ?
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Nouveau loyer = loyer actuel hors charges × (IRL du trimestre de référence de l'année ÷ IRL du même trimestre de l'année précédente). Exemple : 800 € × (148,37 ÷ 146,68) = 809,22 €. Le trimestre de référence est celui inscrit au bail ; la hausse ne s'applique jamais aux charges.
- Quand avertir le locataire d'une révision de loyer ?
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Idéalement à la date de révision prévue au bail (ou à la date anniversaire), par lettre recommandée pour dater la demande. Le bailleur dispose d'un an pour manifester sa volonté de réviser ; la révision ne prend effet qu'à compter de sa demande, sans rétroactivité — chaque mois de retard est définitivement perdu.
- La révision du loyer est-elle obligatoire ?
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Non. C'est une faculté du bailleur, pas une obligation : il peut choisir de ne pas l'appliquer une année, sans renoncer aux suivantes. En revanche, elle est impossible sans clause de révision dans le bail, et interdite sur les logements classés F ou G au DPE.
- Le locataire peut-il refuser la révision du loyer ?
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Pas si elle est conforme : clause présente au bail, calcul exact sur le bon trimestre IRL, une seule révision par an, demande dans le délai d'un an. Il peut en revanche contester un calcul erroné, une révision sans clause, une demande rétroactive, ou une hausse appliquée à un logement F ou G — et saisir la commission de conciliation en cas de désaccord.